Le Kribi Multipurpose Terminal (KMT) achève son premier cycle quinquennal d’activité. Depuis le démarrage officiel des opérations en octobre 2020, sous le régime d’une concession de 25 ans attribuée à ICTSI, l’infrastructure portuaire a suivi une trajectoire de croissance. Les données opérationnelles de la période 2020-2025, publiées par Pakazure révèlent une transformation du terminal en un pôle logistique pour le golfe de Guinée.

Évolution des flux et records de manutention

Le terminal a enregistré une progression de ses volumes de traitement. En 2024, le volume global dépassait les 12 millions de tonnes cumulées depuis le lancement. L’année 2025 marque une accélération avec un trafic total de 1 275 384 tonnes, contre 959 425 tonnes en 2024, soit une augmentation de 33 %. Le secteur des importations, ou flux « inbound », constitue le moteur principal de cette dynamique avec 1 100 338 tonnes traitées en 2025, représentant une hausse de 86,28 % par rapport à l’exercice précédent.

Le clinker domine la structure du trafic. En 2025, ce produit représente 67,6 % des parts de marché avec 862 302 tonnes. Cette prédominance s’accompagne d’une expertise technique spécifique. En octobre 2025, le terminal a établi un record de manutention en déchargeant 22 205 tonnes de clinker en 24 heures. La productivité horaire moyenne se maintient à 700 tonnes grâce à l’utilisation de trémies écologiques conçues pour limiter les émissions de poussière.

Diversification des marchandises et nouveaux segments

Outre le clinker, KMT a diversifié son portefeuille de marchandises. Le gypse affiche la progression la plus importante avec une croissance de 217 %, passant de 21 821 tonnes en 2024 à 69 260 tonnes en 2025. Le blé et le coke de pétrole suivent cette tendance avec des hausses respectives de 24 % et 29 %. L’année 2025 a également vu l’apparition de nouveaux flux stratégiques tels que le laitier (slag) avec 62 400 tonnes, ainsi que des exportations de marchandises générales et de matériel lié au secteur pétrolier et gazier.

Les exportations de bois en grumes (logs) occupent une place stable dans le segment « outbound » avec 171 866 tonnes en 2025. Cette diversification indique une réduction de la dépendance aux seuls intrants cimentiers et une ouverture vers les besoins industriels globaux de la sous-région.

Le terminal a au cours de la période étudiée, entamé une phase d’extension technique dénommée Phase 2. Ce projet a modifié les caractéristiques physiques de l’infrastructure. Le linéaire de quai est passé de 265 mètres à 615 mètres après l’ajout de 350 mètres supplémentaires. La surface de stockage en terre-plein a triplé, passant de 10 hectares à 33 hectares.

Ces aménagements ont permis d’accroître la capacité d’accueil simultanée des navires. Le terminal peut désormais traiter deux à trois navires de 80 000 tonnes conjointement, contre un seul auparavant. Le tirant d’eau naturel de 16 mètres permet la réception de navires de type Post-Panamax. L’infrastructure s’est dotée également d’un entrepôt dédié au clinker et d’équipements de manutention de nouvelle génération. Un axe majeur de cette nouvelle phase réside dans le lancement des exportations de minerai de fer, constituant un flux inédit pour le secteur portuaire camerounais.

Parallèlement aux indicateurs industriels, KMT a intégré un volet social à sa stratégie de développement. À l’occasion du cinquième anniversaire, l’entreprise a financé la rénovation et l’équipement d’une école située à proximité du port. Ce programme s’inscrit dans une politique d’engagement communautaire axée sur quatre piliers : l’éducation, la santé, la formation et le développement local. Cette approche cherche à stabiliser l’environnement social de l’infrastructure portuaire tout en accompagnant la modernisation de la zone côtière de Kribi.

Share.
Leave A Reply Cancel Reply
Exit mobile version