La tension monte sur les quais de Douala-Bonabéri. Dans la foulée d’une dénonciation du patronat qui, après une concertation interne, a qualifié la situation actuelle « d’inacceptable pour l’économie nationale », le PAD a réagi 24 heures plus tard pour marquer « son étonnement » face à cette prise de position. L’organisme regrette l’absence de recours préalable aux canaux de concertation habituels, rappelant au passage son statut de membre du GECAM.

Pour légitimer la réorganisation contestée, l’administration portuaire invoque des impératifs de « souveraineté » et de « sécurité ». Selon elle, les mesures appliquées découlent des directives du Premier Ministre et visent à renforcer le contrôle systématique des flux de marchandises. A en croire le PAD, cette stratégie s’inscrit dans une mission régalienne de protection des installations et des personnes, indispensable au maintien de l’attractivité du port dans un environnement régional instable.

Le volet financier de la crise fait également l’objet d’un éclairage technique de la part de l’autorité portuaire. Le PAD souligne que la structure tarifaire en vigueur remonte à janvier 2019 et bénéficie d’une homologation de l’Autorité Portuaire Nationale (APN). « Relativement aux tarifs applicables au Port de Douala-Bonabéri, le PAD précise qu’ils ne peuvent être opposables sans avoir au préalable été homologués par l’Autorité Portuaire Nationale (APN), après un long processus de consultation et d’examen par les membres de la Communauté Portuaire de Douala eux-mêmes. C’est le cas des tarifs appliqués par le PAD depuis janvier 2019 pour les services offerts aux usagers du port de Douala-Bonabéri. Il en est de même pour les services offerts par tous les opérateurs privés ayant bénéficié des autorisations du PAD pour exercer leurs activités dans le Combinat Portuaire de Douala-Bonabéri », peut-on lire dans le communiqué du PAD.

Au-delà de la tarification, le communiqué identifie l’administration des Douanes comme la source potentielle des blocages opérationnels. Le PAD soutient dans sa communication que le risque systémique pesant sur l’activité économique ne provient pas de la généralisation du scanning. Le véritable « risque systémique pour l’activité économique » ne provient pas du scanning à 100%, mais de la « décision unilatérale prise par l’Administration des Douanes de ne plus procéder à la liquidation des déclarations ».

Bien que le Port affirme rester « persuadé qu’aucune circonstance ne devrait conduire à la perturbation des procédures de passage portuaire », il invite néanmoins l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique et des procédures du commerce extérieur, « à privilégier le dialogue constructif et la continuité des opérations, dans l’intérêt supérieur du commerce extérieur et des économies nationale et sous-régionale »

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