Le port autonome de Kribi (PAK) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement du capital humain. L’établissement a signé le 7 mai 2026, dans ses locaux, un accord de partenariat avec l’École nationale supérieure des sciences et techniques maritimes et océaniques (ENSTMO), plaçant la formation professionnelle et la recherche appliquée au cœur de son projet institutionnel.

Ce partenariat ne s’inscrit pas en rupture, mais en prolongement. Il fait suite à l’accord-cadre conclu le 18 novembre 2024 entre le PAK et l’Université d’Ebolowa, dont l’ENSTMO est une composante. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du Professeur Mbassi Ateba, représentant le recteur de cette université, ainsi que des responsables administratifs et techniques des deux institutions.

Là où l’accord-cadre posait les bases d’une coopération générale, le texte signé jeudi fixe des engagements précis : alignement des curricula de l’ENSTMO sur les besoins opérationnels du port, organisation de stages académiques dans les installations portuaires, et mise en place de passerelles régulières entre praticiens et enseignants-chercheurs.

Un laboratoire pour ancrer la recherche dans le réel

Le directeur général du PAK, Patrice Melom, a tenu à dissiper tout malentendu sur la nature de l’initiative. « Nous accueillons régulièrement des stagiaires de l’ENSTMO et nos experts interviennent dans les enseignements spécialisés », a-t-il rappelé, soulignant que le partenariat repose sur une collaboration déjà active, et non sur une simple déclaration d’intention.

L’annonce la plus structurante reste toutefois la construction d’un laboratoire au sein même des installations portuaires de Kribi. Cet équipement, dont les contours techniques restent à préciser, devra permettre de mener des travaux de recherche directement connectés aux enjeux du port : optimisation logistique, transition environnementale, intégration des technologies numériques, sûreté maritime.

Pour le directeur de l’ENSTMO, le Professeur Njomoue Pandong Achille, l’enjeu est pédagogique autant qu’économique. L’accord ouvre selon lui la voie à une refonte progressive des formations, davantage orientées vers les métiers d’avenir du secteur maritime, dans un environnement d’apprentissage en prise directe avec les réalités du terrain.

L’enjeu des compétences, nerf de la guerre portuaire

Au-delà du symbole institutionnel, ce partenariat révèle une prise de conscience plus large dans l’économie camerounaise : la compétitivité d’une infrastructure portuaire ne se mesure pas qu’à ses équipements ou à sa capacité de tirant d’eau, mais aussi à la qualité de la main-d’œuvre qu’elle est en mesure de mobiliser.

Le secteur maritime traverse une période de transformation accélérée, portée par la digitalisation des opérations, le durcissement des normes environnementales internationales et la croissance soutenue des flux commerciaux en Afrique subsaharienne. Dans ce contexte, la disponibilité de compétences locales hautement qualifiées devient un avantage concurrentiel à part entière.

Pour le PAK, qui ambitionne de s’imposer comme l’un des grands ports de référence en Afrique centrale, l’investissement dans la formation constitue un levier aussi décisif que l’extension des quais ou la modernisation des équipements. Ce partenariat avec l’ENSTMO en est, à ce titre, une illustration concrète.

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