Finances publiques : Le Cameroun abaisse sa prévision de croissance pour 2026

Dans sa circulaire relative à la préparation du budget 2027, la présidence de la République revoit à la baisse ses projections d’activité économique pour 2026, ramenant la croissance du PIB de 4,3 % à 3,5 %. Confronté au repli des recettes du premier trimestre et à un regain d’inflation projeté à 4 %, l’exécutif ajuste son cadrage budgétaire et renforce la discipline sur les dépenses publiques.
Le Cameroun revoit à la baisse ses perspectives de croissance pour 2026. La circulaire présidentielle n° 001 du 12 octobre 2026 relative à la préparation du budget 2027 retient une progression du produit intérieur brut (PIB) réel de 3,5 %, contre 4,3 % fixée dans la loi de finances 2025.
Au paragraphe 13, le texte présidentiel estime que l’économie « devrait également faire preuve de résilience en 2026 », avec une croissance « estimée à 3,5 % comme en 2025 ». Cette évolution reposerait sur une progression de 4 % du secteur non pétrolier, tandis que l’activité pétrolière reculerait de 15,4 %. La contraction de cette branche limite ainsi la contribution des hydrocarbures à l’activité nationale.
L’inflation repart à la hausse
La trajectoire des prix constitue un autre point de vigilance. Le paragraphe 14 de la circulaire évoque une « accentuation de l’inflation à 4,0 % » en 2026, « en lien avec les conséquences du conflit au Moyen-Orient ». Cette hypothèse dépasse les 3 % retenus dans le budget initial. Elle est également supérieure à la prévision de 2,9 % publiée par le Fonds monétaire international (FMI) en mars 2026
Sur le front pétrolier, le cadrage présidentiel retient un baril à 95 dollars en moyenne en 2026, contre 67 dollars en 2025. Cette hausse du cours ne garantit toutefois pas une augmentation des recettes nationales, la production étant orientée à la baisse. Au premier trimestre 2026, les ressources mobilisées par l’État ont atteint 1 331,4 milliards de FCFA, soit 212,6 milliards de moins qu’un an auparavant, selon le document de programmation économique et budgétaire 2027-2029 présenté au Parlement. Le ministère des Finances attribue ce repli à la baisse des recettes pétrolières, à une mobilisation moins importante des recettes internes ainsi qu’à la faiblesse des emprunts et dons.
Pour 2027, la circulaire retient une croissance de 3,6 %, une inflation de 3,2 % et un déficit budgétaire global de 2,7 % du PIB, contre 2,2 % prévu pour 2026. Cette trajectoire suppose une amélioration de l’activité alors que les recettes publiques ont reculé au début de l’année et que les perspectives de croissance pour 2026 ont été revues à la baisse.
Le texte privilégie la maîtrise des dépenses courantes et le parachèvement des investissements déjà engagés. Le paragraphe 66 recommande ainsi de mettre l’accent sur « le parachèvement des projets déjà entamés », en limitant le lancement de nouveaux projets dans certaines administrations. La circulaire ne mentionne toutefois pas explicitement une révision de la loi de finances 2026.
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