Femmes rurales : Le numérique reste difficile d’accès

Le manque de compétences numériques limite encore l’accès des femmes rurales à l’information sur les marchés, aux services financiers et aux débouchés commerciaux. Une difficulté qui freine leur intégration dans les chaînes de valeur et leur capacité à tirer parti des opportunités de la Zlecaf.
Productrices, transformatrices et commerçantes, les femmes rurales participent au fonctionnement de l’économie locale. Mais leur activité reste confrontée à plusieurs obstacles, notamment l’accès au financement, au foncier, aux marchés et aux outils numériques. Ces difficultés ont été abordées le jeudi 15 octobre 2026, à l’occasion de la 31e édition de la Journée internationale de la femme rurale, organisée sous le thème « Investir dans la femme rurale : levier pour la croissance économique et le développement durable ».
Au Cameroun, l’accès aux financements demeure une difficulté pour de nombreuses femmes rurales. Les services financiers adaptés et les mécanismes de soutien à l’investissement productif restent insuffisamment accessibles, limitant leur capacité à faire évoluer leurs activités de subsistance. À ces contraintes s’ajoutent les difficultés d’accès à la terre et aux marchés.
L’intégration dans les chaînes de valeur nationales et régionales reste également un défi. Elle conditionne pourtant leur capacité à saisir les opportunités commerciales offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Un levier pour accéder aux marchés
La digitalisation peut contribuer à réduire certaines de ces contraintes, notamment grâce à l’utilisation du téléphone intelligent. Elle permettrait aux femmes rurales d’accéder plus facilement aux informations sur les prix, les débouchés commerciaux, les techniques de production, les possibilités de financement et les exigences de qualité.
Cet accès à l’information peut faciliter les décisions de production et de commercialisation. Mais son potentiel dépend aussi des compétences numériques disponibles. Sans formation ni accompagnement adaptés, les femmes rurales risquent de rester à l’écart des services et des opportunités rendus possibles par ces outils.
Les difficultés concernent également les différentes étapes de la chaîne de valeur, de la production à la transformation, en passant par la conservation, le conditionnement et la commercialisation. L’utilisation des outils numériques pourrait faciliter l’accès aux informations et aux services utiles à ces activités, à condition que les utilisatrices disposent des moyens et des connaissances nécessaires.
L’accès au foncier constitue un autre enjeu de leur autonomisation économique. « L’accès des femmes au foncier constitue effectivement un enjeu majeur de leur autonomisation économique et du développement de notre agriculture. C’est pourquoi le gouvernement agit à travers plusieurs leviers. Dans le cadre du programme d’appui à l’autonomisation économique des femmes, le Minproff mène des actions de sensibilisation et facilite l’accès des femmes au foncier à travers la formation, le plaidoyer et la sécurisation de leurs droits de propriété, avec l’implication des collectivités territoriales et des autorités traditionnelles », explique Marie-Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), dans Cameroon Tribune.
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