Au Cameroun, l’accès au crédit reste le principal chemin de croix des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Selon les données du deuxième Recensement Général des Entreprises, bien que les PME représentent 99,8 % du tissu économique national, elles ne captent que moins de 20% des crédits bancaires. C’est dans ce contexte de rationnement du crédit que CCA-Bank a tenu, le 30 avril 2026 à Douala, un séminaire de remobilisation autour de son produit, « Gisèle Success ». Le mécanisme exposé par Arsène Kapnang, responsable marketing de l’institution, repose sur une logique de « croissance partagée », soit un ratio de 1 pour 5. En effet pour une épargne constituée de 4,125 millions FCFA sur une période allant jusqu’à 48 mois, l’entrepreneur peut prétendre à une ligne de crédit de 20 millions de FCFA. « Le financement n’est plus un mystère, il est pratique », a souligné Arsène Kapnang.
Cette approche s’attaque directement au déficit de garanties réelles. En effet, dans le système classique, les banques exigent souvent une couverture de 120% du montant du prêt. Ici, l’épargne constituée sert de premier levier, complétée par des cautions solidaires ou des garanties sur équipements. « L’activité est la base du financement. C’est le projet viable et rentable qui prime ». Pour l’entrepreneur, cela signifie concrètement qu’au-delà de l’aspect fiduciaire, le programme propose une rémunération de l’épargne à 3% (sous réserve de maturité d’un an) et un taux de crédit stabilisé entre 9% et 9,5%.
L’incubation, le chaînon manquant
Au-delà de l’argent, le séminaire a mis l’accent sur le « différé de remboursement » (jusqu’à 3 mois), crucial pour les activités d’importation ou de production à cycle long. Cette flexibilité est vitale dans un écosystème où, selon l’Institut National de la Statistique (INS), près de 80% des startups camerounaises disparaissent avant leur cinquième année, faute de trésorerie et d’éducation financière. En se positionnant comme « incubateur », CCA-Bank tente de réduire ce taux de sinistralité. Selon les données consolidées du Bureau de Mise à Niveau (BMN, rapport d’activités 2024) et du Ministère des PME, le déficit de financement des PME au Cameroun est estimé dans une fourchette allant de 500 à 800 milliards de FCFA.
Un pari sur la confiance
Si la « mayonnaise prend », comme l’affirment les responsables de la banque, le défi restera celui de la formalisation. Pour passer du secteur informel au statut de PME structurée, le programme propose des outils digitaux (E-banking, Wallet-to-bank). Un passage obligé pour espérer un impact réel sur la croissance du PIB national, dont les PME ne contribuent actuellement qu’à hauteur de 35%.

