Par un décret signé le 4 mai 2026, le Président de la République, Paul Biya, a officiellement transformé la société Energy of Cameroon (ENEO Cameroon S.A.) en société à capital public. L’entreprise prend désormais la dénomination de Société camerounaise d’Électricité, (SOCADEL), dont le siège demeure fixé à Douala. L’État en est l’actionnaire unique à la date de signature du texte, bien que les statuts de la nouvelle entité prévoient la possibilité d’ouvrir le capital à d’autres entités publiques ou privées.
Ce décret constitue l’épilogue juridique d’un processus engagé depuis plusieurs mois. Le 19 novembre 2025, l’État du Cameroun avait procédé au rachat des 51 % du capital détenus par le fonds d’investissement britannique Actis, portant ainsi sa participation à 95 %, les 5 % restants étant réservés au personnel de l’entreprise. La transaction avait été évaluée à 78 milliards de FCFA. Le décret du 4 mai 2026 parachève cette opération sur le plan statutaire en substituant formellement une société à capital public à la société de droit privé qu’était ENEO.
La convention de concession accordée à ENEO Cameroon S.A. par l’État est transférée de plein droit à la SOCADEL, sous réserve de la prise en compte d’éléments nouveaux ou spécifiques, selon les dispositions de l’article 5 du décret. La SOCADEL hérite ainsi du périmètre d’activité antérieur notamment la production, la distribution, l’importation, l’exportation, l’achat et la vente d’énergie électrique.
Fragilité financière
La création de la SOCADEL intervient dans un contexte de fragilité financière du secteur électrique. La dette globale du concessionnaire avoisine 800 milliards de FCFA, dont plus de 500 milliards dus aux fournisseurs. Entre 2012 et 2023, plus de 300 milliards de FCFA ont été mobilisés par le budget de l’État pour tenter de stabiliser l’entreprise.
Le Fonds monétaire international avait alerté sur l’impact croissant de cette reprise en main sur la soutenabilité des finances publiques, soulignant que le maintien de tarifs administrés en dessous du seuil de rentabilité oblige le Trésor à verser des compensations financières récurrentes pour soutenir la trésorerie de l’opérateur.

