Le marché du cacao traverse une zone de turbulences. Depuis quelques jours, les prix bord champ du kilogramme de fèves ont fortement reculé dans les principaux bassins de production du Cameroun. D’après les données du Système d’information des filières (SIF), le prix du kilogramme oscille désormais entre 2 639 et 2 839 FCFA, rendu au Port de Douala, tandis que dans les bassins de production, il varie entre 2 400 et 2 700 FCFA. Ces niveaux sont bien en dessous de la fourchette de 3 200 à 5 400 FCFA, initialement projetée par le gouvernement pour la campagne, en plus d’un certain attentisme des acheteurs, qui ont déboursé un maximum de 6300 FCFA le Kg au cours de la campagne 2023-2024. Au niveau local, l’on indexe l’abondance des pluies actuelles à travers le pays, ce qui a un impact négatif sur le prix de la fève.
L’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) explique qu’au Cameroun, la hausse des températures, la baisse des précipitations et l’irrégularité des saisons de pluie fragilisent fortement l’agriculture.
En effet, les acheteurs pratiquent des décotes sur le prix aux producteurs, prétextant des difficultés d’accès aux bassins de production. Mais au-delà de cette contrainte nationale, la météo sur le marché international du cacao n’incite guère à l’optimisme quant à un redressement des prix à la hauteur des prévisions gouvernementales.
Outre l’abondance des pluies qui a un impact direct sur le prix de la fève au Cameroun, La plateforme spécialisée fr.tradingeconomics.com évoque également une la production mondiale du cacao qui devrait être excédentaire au cours de la campagne 2025-2026, maintenant ainsi la dynamique entamée lors de la saison 2024-2025, après trois campagnes déficitaires.
Plus précisément, fr.tradingeconomics.com évoque un excédent de production sur la demande mondiale d’environ 186 000 tonnes (en hausse par rapport à l’excédent de production de 142 000 tonnes de la saison 2024-2025), en raison de l’embellie de la production attendue en Equateur, pays d’Amérique Latine qui menace de chiper au Ghana le statut de 2è producteur mondial, dès cette saison.
