Journée blanche, ou presque, à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale. La séance de cotation du mardi 26 mai 2026 n’a fait bouger ni l’indice général, solidement ancré à 1 093,89 points, ni la capitalisation boursière globale, inchangée à 1 686,66 milliards de francs CFA. Le marché actions a tenu sur les épaules d’une seule valeur : la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm).

Deux transactions ont suffi à résumer la journée : 109 titres échangés au cours inchangé de 50 000 FCFA, pour un montant total de 5,45 millions de FCFA. Confirmant son statut de pivot de liquidité régionale, Socapalm porte à elle seule une capitalisation flottante de plus de 39 milliards de FCFA sur les 1 686,66 milliards que pèse l’ensemble du compartiment.

La véritable information de la séance se lit dans ce qui n’a pas été exécuté. Sur la Société africaine forestière et agricole du Cameroun (Safacam), 87 titres étaient demandés face à une offre de 365 actions : aucune transaction. Même blocage sur BGFI Holding Corporation, premier poids lourd du marché avec 1 207,72 milliards de FCFA de capitalisation, soit plus de 38 % du compartiment, où six titres seulement étaient demandés contre 373 proposés à la vente.

Dans les deux cas, le diagnostic est identique. Les prix offerts par les acheteurs restent systématiquement en deçà des exigences des vendeurs. Ce ciseau de valorisation réduit mécaniquement la transférabilité des titres et pénalise en premier lieu l’investisseur particulier. Il illustre l’absence criante de teneurs de marché agréés capables d’amortir ces asymétries.

Aucune transaction dans le compartiment obligataire

Le compartiment obligataire affiche un encours global stable à 1 491,93 milliards de FCFA. Les 34 lignes souveraines et corporatives n’ont enregistré aucune transaction, leurs cours restant à leur niveau de la veille.

Sur ce marché coté au pied du coupon, où les intérêts courus sont calculés séparément du prix de l’obligation, l’appétit des investisseurs s’est concentré sur la sécurité souveraine : 1 000 titres demandés sur l’emprunt camerounais 2022-2029 rémunéré à 6,25 % net, et 16 titres sur la ligne gabonaise 2024-2027 à 6,60 % net, proposés à 98 % de la valeur nominale.

Les fonds collectifs en progression silencieuse

À rebours de la rigidité du marché direct, la gestion collective continue d’avancer. Le fonds diversifié Harvest Avenir progresse de 0,05 % sur la semaine, portant sa performance cumulée à 26,90 % depuis son lancement en septembre 2023.

Les véhicules monétaires et obligataires d’ASCA Asset Management et d’Africa Bright Asset Management affichent des hausses hebdomadaires comprises entre 0,05 % et 0,12 %. En s’affranchissant des blocages de liquidité du parquet de Douala et en réinvestissant automatiquement les coupons obligataires, ces fonds communs offrent une alternative concrète aux investisseurs que la paralysie du marché direct tient à l’écart.

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