Depuis le 2 janvier 2024, l’usine de pied de Lom Pangar, d’une capacité de 30 MW est en fonctionnement optimal. L’énergie qui y est générée alimente les localités de Belabo, Batouri, Abong-Mbang, Bertoua pour ce qui est de la région de l’Est et Minta pour ce qui est de la Région du Centre. Bailleur de fonds du projet, la Banque africaine de développement (BAD) a investi près de 32,19 milliards de FCFA dans le plan de financement du projet, dont le coût global s’élevait à 240,9 milliards de FCFA.
« La partie usine de pied de Lom Pangar a été essentiellement financée par la Banque africaine de développement en plus du gouvernement camerounais. Pour mémoire, Il y a eu beaucoup de bailleurs de fonds pour la partie barrage : la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, l’AFD pour le plan de gestion environnemental et social. La BAD s’est focalisée sur l’usine de pied et les lignes de transmission de Lom Pangar –Bertoua, Bertoua – Abong-Mbang et Bertoua-Batouri », souligne le Dr. Theodore Nsangou, Directeur général de d’Electricity Development (EDC), qui assure la gestion et l’exploitation de l’ouvrage.
Il ajoute : « L’usine est livrée depuis plus de 2 ans maintenant avec les 4 groupes qui fonctionnent très bien car l’entreprise a fait un travail de qualité. Il faut souligner que les 30 MW produits sont opérationnels. Ce qui nous permet de couvrir complètement les besoins de la région de l’Est en énergie électrique qui s’élèvent pour le moment à une quinzaine de mégawatts. Vous comprenez que nous avons les marges ».
150 villages à éclairer
Theodore Nsangou au cours d’un entretien avec l’Economie a rassuré que 150 villages seront électrifiés à partir de l’usine de pied de Lom Pangar. « Le projet d’électrification de 150 villages est le morceau qui a été repris par la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) avec l’accord de la BAD bien évidemment. Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’il y a déjà au moins une quarantaine de villages déjà électrifiés. D’ici peu, nous allons réceptionner la totalité des 150 villages », affirme le Directeur général d’EDC. Avant la construction du barrage de Lom Pangar, la Région de l’Est était alimentée d’une part à travers la centrale thermique de Bertoua, qui avait une capacité inférieure à la demande. Conséquence du rationnement de l’énergie dans certaines zones. D’autre part, cette Région était aussi alimentée par le biais du Réseau interconnecté Sud (RIS) à travers la ligne KV Manpang.
« Je voudrais témoigner toute la gratitude des populations de la Commune de Belabo au Chef de l’Etat qui a bien voulu que ce projet d’un grand impact soit effectif. Avec la mise en service de l’usine de pied de Lom Pangar, notre commune s’est trouvée électrifiée », souligne Luc Emmanuel Apande, Maire de la ville de Belabo. Pour Aladji Mohamadou, homme d’affaires, la mise en service de l’usine de pied de Lom Pangar est une bouffée d’oxygène pour les opérateurs économiques.
« L’énergie électrique est indispensable pour toute activité économique. Sans énergie, le business est en berne. C’est pourquoi nous avons accueilli avec joie l’usine de pied de Lom Pangar », souligne-t-il. Pour Théodore Nsangou, Lom Pangar joue un rôle transversal. « Pour l’histoire, il faut savoir que s’il n’y avait pas Lom Pangar on n’allait pas faire Nachtigal parce que Nachtigal consomme 50% de l’eau de Lom Pangar. Le fait d’avoir mis Lom Pangar en service a complètement changé la vision de la régularisation de la Sanaga parce qu’elle apporte directement sur la Sanaga, 170 MW de puissance garantie additionnelle sans investissements supplémentaires. Si on ajoute à cela 30 MW, on se retrouve dans les 200 MW pour dire que c’est un projet structurant », renchérit Théodore Nsangou.
Modèle réussi de transfert de technologie
C’est dans son message à la Nation le 31 décembre 2023 que Paul Biya, Président de la République avait annoncé l’entrée en service de l’usine de pied de Lom Pangar, positionnant ainsi le Cameroun sur les rails du développement énergétique. « L’Etat du Cameroun par l’entremise de EDC a récemment signé un contrat d’assistance technique à l’exploitation avec l’entreprise chinoise Camce qui a déjà déployé une équipe de maintenance qui travaille en parfaite symbiose avec la partie Camerounaise. De cette manière, le transfert de technologie se fait au jour le jour », relate Oumate Aladji Abba, Chef service supervision du Barrage de Lom Pangar.


