Le marché financier de la zone CEMAC a repris un rythme plus feutré le mardi 28 avril 2026, loin des pics d’activité enregistrés 24h plus tôt. Selon les données officielles du Bulletin de la Côte n°2499, la valeur globale transigée s’est établie à 2 637 495 FCFA pour un total de 69 titres échangés. Si ce chiffre peut paraître dérisoire face aux 69 millions de la veille, il révèle une réalité structurelle de la place de Douala : le compartiment Actions reprend la main sur un marché obligataire totalement atone, aucune transaction n’ayant été enregistrée sur les titres de créances souveraines ou privés. L’indice BVMAC All Share Index reste, dans ce contexte de faible volume, parfaitement stable à 1 147,20 points.
La satisfaction de cette séance réside dans la confirmation de la liquidité du titre SCG-Ré. Après avoir enregistré ses premiers échanges historiques sur le marché secondaire la veille, le réassureur gabonais a vu 5 nouvelles actions changer de mains au prix de 21 499 FCFA. Cette répétition du cours de clôture précédent au franc près est un indicateur de confiance pour les investisseurs : elle prouve que la légère décote subie lundi n’était pas le début d’une spirale baissière mais bien l’établissement d’un prix d’équilibre accepté par le marché. La capitalisation boursière du groupe se maintient ainsi à 32,2 milliards de FCFA, consolidant sa position d’acteur stratégique du secteur financier régional.
Le gros des troupes transactionnelles a cependant été fourni par les agro-industriels camerounais. Safacam a dominé les échanges en volume avec 45 titres négociés pour une valeur de 1,48 million FCFA, suivie de Socapalm dont les 19 actions échangées ont généré un flux d’1 million FCFA. Pour ces deux valeurs phares de la cote, la stabilité est le maître-mot puisque les cours de clôture demeurent inchangés à respectivement 33 000 FCFA et 55 000 FCFA. Cette inertie apparente des cours, malgré les ordres exécutés, souligne la robustesse de ces titres qui bénéficient d’un ancrage solide dans le portefeuille des investisseurs locaux à la recherche de dividendes stables.
L’analyse des carnets d’ordres post-clôture révèle néanmoins une persistance du déséquilibre entre l’offre et la demande qui bride le potentiel de croissance du marché. Avec 842 actions SCG-Ré encore offertes à la vente contre seulement 5 demandées à l’achat, le titre reste sous pression technique. Le constat est similaire pour le secteur agricole où l’offre cumulée de Safacam et Socapalm dépasse les 680 titres alors que la demande s’étiole à 164 unités. Sur le marché obligataire, le paradoxe demeure entier : alors qu’aucune transaction n’a abouti, l’appétit pour le papier privé ne se dément pas, à l’image de la ligne Alios Finance 6% dont 17 700 obligations sont activement recherchées à 100 % du nominal sans trouver de cédants.


