Le chiffre d’affaires famélique de 3,55 millions FCFA enregistré lors de cette séance ne traduit pas un calme plat, mais bien une paralysie inquiétante de la liquidité. Dans un marché secondaire digne de ce nom, un échange portant sur seulement 83 actions de la société forestière Safacam aurait été une goutte d’eau dans l’océan. À la BVMAC, cette transaction isolée a agi comme un détonateur. Elle a provoqué un plongeon spectaculaire du cours de l’action de 7,58 % pour finir à 30 500 FCFA. Ce manque cruel de contreparties acheteuses transforme la moindre velléité de sortie en un véritable parcours du combattant pour les porteurs de parts.
Effet de contagion sur la SCG-Ré et carnet d’ordres déséquilibré
La mécanique baissière s’est immédiatement propagée par effet de contagion à la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance. Le titre SCG-Ré cède 0,93 % à 21 300 FCFA. Les carnets d’ordres affichent une accumulation de papier à la vente sans qu’aucun investisseur institutionnel ou privé ne se manifeste pour soutenir les cours. Seule la Société Camerounaise de Palmeraies a réussi le tour de force de préserver son niveau de 55 000 FCFA. Socapalm fait ici figure d’oasis au milieu d’un désert de transactions.
Le marché obligataire de la CEMAC reste en apnée
Le compartiment obligataire n’offre aucun motif de soulagement. Il s’enfonce dans une léthargie absolue avec un compteur d’échanges bloqué à zéro. Si l’encours global reste figé en apparence à 1 387 milliards FCFA, c’est uniquement parce que les investisseurs pratiquent le buy and hold forcé (conservation des titres) jusqu’à leur échéance. La réalité des tensions en coulisses est pourtant mesurable. Actuellement, 17 700 obligations privées Alios Finance s’entassent à la vente sans trouver de preneur au prix proposé par le marché.
La gestion collective comme unique rempart contre l’illiquidité
Le salut des épargnants réside paradoxalement dans l’intelligence de la gestion collective qui parvient à s’extraire de ce marasme ambiant. La preuve par les chiffres s’illustre avec le fonds Harvest Actions CEMAC. Ce véhicule d’investissement nargue la déprime de la cote physique en affichant une progression remarquable de 5,67 % sur un mois. Cette déconnexion majeure valide définitivement la supériorité des OPCVM diversifiés sur la détention directe de titres vifs dans une zone économique encore trop étroite.


