Il y a des journées à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale où l’essentiel ne se joue pas dans les carnets d’ordres. Le 23 juin 2026 est de celles-là. Pendant que trois valeurs s’échangeaient discrètement pour un total de 2,13 millions de FCFA, une opération autrement plus significative s’accomplissait en chambre : le Trésor public camerounais procédait à l’amortissement du principal de l’emprunt obligataire ECMR 2023 à tranches multiples, désigné sous les codes ECMR7, ECMR8, ECMR9 et ECM10. Résultat immédiat : l’encours des dettes cotées sur la BVMAC s’est contracté de 7,74% en une seule séance, passant de 1 397,96 milliards à 1 289,78 milliards de FCFA.

Ce dénouement obligataire n’est pas une surprise. Il était inscrit dans le calendrier d’amortissement de l’État du Cameroun, qui avait levé ces fonds en novembre 2023 via quatre tranches distinctes assorties de taux faciaux allant de 6% à 7,25% nets. Ce que le BOC N°2535 confirme avec froideur administrative, c’est que l’État a tenu parole face à ses créanciers institutionnels (banques, compagnies d’assurances, fonds de pension et particuliers) qui avaient souscrit à ces titres. Dans la zone CEMAC, où la question de la soutenabilité des dettes souveraines fait régulièrement l’objet d’alertes des institutions de Bretton Woods, un tel remboursement à l’échéance n’est pas anodin.

Sur le compartiment actions, la séance du mardi 23 juin s’est déroulée dans le registre habituel de la BVMAC. Peu de volume, peu de volatilité, mais une activité réelle sur trois valeurs. BGFI Holding Corporation concentre l’essentiel des flux avec 20 titres échangés à 86 000 FCFA, soit 1,72 million de FCFA. La holding gabonaise, introduite en bourse en mai dernier, continue de s’installer dans le paysage transactionnel de la place. SAFACAM suit avec 8 actions cédées à 35 000 FCFA, et SCG-Ré complète le tableau avec 6 titres à 21 499 FCFA. Trois valeurs, trois cours stables, zéro variation de l’indice qui demeure à 1 156,40 points. La capitalisation globale, elle, reste ancrée à 1 770,44 milliards de FCFA.

Les carnets d’ordres révèlent néanmoins les tensions structurelles du marché. Le cas SOCAPALM illustre une fois de plus l’impasse dans laquelle se trouve ce titre : 61 acheteurs en demande face à 1 660 vendeurs, mais aucune transaction exécutée. La raison est mécanique. Le prix proposé à l’achat reste inférieur au prix exigé à la vente. Ce face-à-face stérile entre des cédants qui défendent leurs valorisations et des acquéreurs qui cherchent la décote dit beaucoup sur l’absence de teneurs de marché capables de fluidifier les échanges.

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