Selon la Note de conjoncture de l’Institut national de la Statistique (INS), les prix à la consommation finale des ménages ont progressé de 0,9 % en mai 2026 par rapport au mois d’avril, sous l’effet d’une accélération des prix alimentaires en hausse de 2,3 % sur la période. C’est la progression mensuelle la plus marquée depuis janvier.

Les légumes constituent le premier poste de tension, avec un renchérissement de 6,1 % sur un mois. Les poissons et fruits de mer suivent à 4,6 %, devant les viandes à 1,6 %. Les produits frais affichent quant à eux une hausse de 8,5 % en glissement annuel, soit plus du triple du taux d’inflation général.

Une tendance annuelle qui reste orientée à la baisse

Ce rebond mensuel ne remet pas en cause, pour l’instant, le mouvement de fond. Le taux d’inflation en glissement annuel s’établit à 2,7 % en mai 2026, contre 3,3 % en mai 2025 — un niveau qui demeure sous le seuil de tolérance de 3 % fixé par la zone CEMAC. En moyenne sur douze mois glissants, l’inflation ressort à 2,6 %.

L’INS appelle néanmoins à la vigilance : « Bien que cette remontée du glissement annuel mérite une attention particulière, elle ne remet pas en cause, à ce stade, la tendance générale de ralentissement. Si les hausses récentes des prix, notamment alimentaires, venaient à se prolonger, elles pourraient progressivement freiner la baisse de l’inflation en moyenne annuelle, voire entraîner son redressement à moyen terme. »

L’inflation est loin d’être uniforme sur le territoire. Bertoua affiche le taux le plus élevé avec 4,2 %, quand Maroua enregistre une déflation de -0,7 %. Ngaoundéré (3,8 %), Bafoussam (3,7 %), Bamenda (3,6 %), Buea (3,2 %) et Yaoundé (3,0 %) se situent au-dessus du seuil communautaire, tandis que Douala (2,4 %), Garoua (2,1 %) et Ebolowa (2,6 %) restent en deçà. Ces écarts tiennent principalement aux coûts de transport, à la disponibilité des produits locaux et aux contraintes logistiques propres à chaque bassin.

Une inflation d’abord domestique

Fait structurellement significatif : l’inflation est davantage alimentée par la production locale que par les importations. Les prix des biens et services d’origine locale progressent de 3,1 % en glissement annuel, contre 1,3 % seulement pour les produits importés. L’INS pointe des pressions domestiques liées à la hausse des coûts de production, à la dépendance aux intrants importés et aux contraintes logistiques internes. Les prix de l’énergie progressent pour leur part de 1,6 % sur un an.

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