La routine s’installe à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale. La séance de cotation du mercredi 17 juin 2026 s’est soldée par une baisse marginale de son indice de référence, le BVMAC All Share Index, qui s’est effrité de 0,03% et s’établit désormais à 1 162,90 points. Au-delà de cette oscillation technique, c’est le blocage persistant des volumes qui interpelle. Avec seulement cinq transactions enregistrées pour un montant global dérisoire de 1,9 million de FCFA, la place de Douala souffre d’un mal plus profond : l’incapacité des opérateurs à s’accorder sur la valeur réelle des actifs.
Le surplace du jour ne traduit pas une absence d’intérêt, mais un dialogue de sourds. Le carnet d’ordres révèle que l’offre et la demande se sont croisées sans jamais se rencontrer sur plusieurs lignes stratégiques. Sur les titres agro-industriels Safacam et Socapalm, les intentions d’achat étaient bien réelles, affichant respectivement 414 et 16 actions demandées. En face, les vendeurs proposaient 118 et 1 777 titres. Pourtant, la ligne des transactions est restée désespérément vierge. La raison est structurelle : les acheteurs campent sur des prix trop bas, tandis que les détenteurs de titres refusent de brader leurs positions. Ce différentiel de prix bloque toute liquidité.
Dans ce paysage figé, les rares mouvements ont été orientés à la baisse. Le titre La Régionale Épargne Crédit a concédé 1,27% de sa valeur, passant de 39 500 à 39 000 FCFA lors de l’échange de 20 actions. Ce recul isolé a suffi à amputer la capitalisation boursière globale de 506 millions de FCFA, la ramenant à 1 820 milliards de FCFA. Les lignes BGFI Holding Corporation et SCG-Ré ont quant à elles sauvé les apparences en alignant de modestes volumes à cours constants, maintenant leurs valorisations respectives à 90 000 et 21 499 FCFA.
Le compartiment obligataire n’a pas offert de contrepoids à cette léthargie, n’enregistrant aucun échange. L’encours des dettes souveraines et privées demeure statique à 1 397,9 milliards de FCFA. Face à une bourse en direct qui cherche son second souffle, les regards se tournent vers la gestion collective. Les OPCVM continuent de capter l’essentiel de la dynamique financière régionale, bien que des signes de volatilité apparaissent, à l’instar du FCP CCA Performance dont la valeur liquidative s’est repliée de 2,31%. Pour la BVMAC, le défi reste entier : stimuler l’animation de la cote pour fluidifier les carnets.


