C’est une relation bilatérale en pleine densification que le Cameroun et le Royaume-Uni ont choisi de mettre en avant à la dixième édition du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat (Promote). Le 15 juin, Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Mindel-Minepat), chargé de la planification, a présidé l’inauguration du Pavillon UK et le Business Forum organisé par l’Ambassade du Royaume-Uni, avant d’exposer devant les médias le bilan d’une décennie de coopération économique.
Les réalisations conjointes sur cette période sont estimées à environ un milliard de livres sterling, soit plus de 750 milliards de FCFA. Elles couvrent les politiques commerciales bilatérales, les investissements stratégiques et les principales transactions commerciales conclues avec le gouvernement camerounais. « La coopération économique avec le Royaume-Uni se densifie au fil du temps. Ces dernières années, elle nous a permis de financer un certain nombre de projets et plusieurs autres sont éligibles aux financements de cette entente », a déclaré Paul Tasong.
Infrastructures, agriculture et mines
Parmi les projets déjà engagés, le ministre délégué a cité la réhabilitation de la pénétrante Est de Douala. La phase 2 de ce chantier de 8,9 km, financée par Standard Chartered Bank de Londres et garantie par UK Export Finance (UKEF), affichait un taux d’avancement global de 92 % et un taux de facturation de 98,4 % au 30 avril 2026. Les travaux de chaussée sont en voie d’achèvement, bien qu’un risque pèse sur la ligne d’arrivée : la date de tirage sur le financement bancaire est échue depuis le 11 mai 2025, et le processus de finalisation de l’avenant avec la banque accuse des lenteurs.
Sur le volet agricole, Paul Tasong a mis en avant le projet Adamaoua, dont les conventions de financement ont été signées en janvier 2024 avec Standard Chartered Bank de Londres. Ce projet vise l’aménagement de 15 280 hectares de périmètres hydro-agricoles dans les départements du Mbéré, de la Vina et du Faro-et-Déo, dans la région de l’Adamaoua, pour un montant de 79,12 millions d’euros, soit environ 52 milliards de FCFA. L’objectif est de soutenir l’élevage bovin et d’autres filières d’élevage à travers la production de fourrages sur ces surfaces aménagées. Le projet s’inscrit dans la première phase d’un programme d’aménagement de 35 000 hectares d’espaces cultivables, et prévoit également la construction de 100 km de routes et la création de plusieurs unités de production.
Le ministre délégué a également évoqué la route Ebolowa-Akom II, dont la convention de financement a été signée le 15 mai dernier. Cet axe est appelé à relier la capitale régionale du Sud au Port autonome de Kribi (PAK), renforçant ainsi les flux commerciaux vers l’hinterland et les pays voisins enclavés, notamment le Tchad et la République centrafricaine.
Le secteur privé en première ligne
Au-delà des projets d’infrastructure publique, Paul Tasong a signalé l’entrée en jeu d’un partenaire privé britannique dans le secteur de l’extraction aurifère, en vue d’une exploitation structurée de l’or au Cameroun. Cette dimension privée, a-t-il souligné, est au cœur de la dynamique de coopération que le forum entend approfondir.


