La route tue. Chaque jour qui passe, on enregistre des cas d’accidents de la circulation sur les axes routiers. Pertes en vies humaines, dégâts matériels, le préjudice est souvent lourd. L’économie nationale en prend souvent le coût, avec 800 milliards de FCFA de pertes chaque année, selon le Directeur des Transports routiers au ministère des Transports, Divine Mbamome Nkendong.
Il s’est exprimé au lancement du tout premier Forum National sur la Sécurité Routière, qui se tient du 28-29 avril 2026 à Yaoundé, sous le thème : « L’Intelligence Artificielle au service de la sécurité routière ». C’est une plateforme d’échanges, de concertation et de partage visant notamment, à dresser un état des lieux des actions menées en matière de sécurité routière, à valoriser les bonnes pratiques, à promouvoir des partenariats efficaces et renforcer la coopération multisectorielle entre les différents acteurs du secteur.
Malgré la multiplicité d’acteurs (institutionnels et privés) intervenant en faveur de la sécurité routière au Cameroun, les accidents de la route demeurent un fléau important avec des coûts socio-économiques non négligeables. Les actions des intervenants étant souvent « fragmentées, isolées, insuffisamment coordonnées et peu visibles », souligne le Mint. C’est ce qui justifie la tenue de ce Forum. « Cette réalité rend indispensable la mise sur pied d’une plateforme nationale d’échanges, de réflexion et de coordination des interventions, en vue de créer une synergie des actions autour de la prévention et de la sécurité routières. Le 1er Forum National sur la Sécurité Routière s’érige précisément comme cette plateforme de dialogue pour collectivement, faire face à l’insécurité routière », a-t-il poursuivi.
Réduire de 50% le nombre de morts
Ainsi, le Cameroun s’appuie l’Intelligence Artificielle et les nouvelles technologies, pour « ancrer la sécurité routière dans l’ère numérique, en intégrant des solutions innovantes dans tous les maillons de la chaîne : infrastructures, formation, contrôle, post-accident et sensibilisation ». A travers cette action, le pays entend s’arrimer à la résolution des Nations unies proclamant la Décennie d’Action pour la Sécurité Routière 2021-2030. Un plan d’action global a été élaboré avec pour objectif central, la réduction de 50 % du nombre de morts et de blessés sur les routes d’ici à 2030.
Dans cette dynamique, le Cameroun a décidé d’arrimer ces activités à celles de la décennie d’actions (2011-2020). C’est ainsi qu’au vu des premiers résultats obtenus entre 2008 et 2014, le pays a enregistré une baisse de 18% du nombre d’accidents, de 22% du nombre de blessés et de 31% du nombre de morts, selon un rapport de la Banque Mondiale datant de 2015. Entre 2011-2024, il est passé de 3 525 accidents à 1 782 ; blessés : 5591 à 1906 ; décès : 1781-678.
Ce qui indique que des efforts considérables ont été consentis par les administrations. Des efforts qui ont permis au Cameroun d’être membre du Comité exécutif du fonds des Nations unies pour la sécurité routière, et membre du Comité exécutif de l’Observatoire africain de la sécurité routière. Sans compter des distinctions, à l’instar du prix Koffi Annan, obtenu aux « Koffi Annan Road Safety Awards.
Le nouveau plan d’action pour la sécurité routière lancé hier, devrait ainsi guider les actions de tous les acteurs impliqués pour une approche synergique orientée par le résultat.
