La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) examine la création d’un marché obligataire spécifiquement dédié aux PME. Cette initiative figure parmi les actions prioritaires adoptées par le Collège lors de sa session du 1er avril 2026.
« Mener une étude de viabilité pour la mise en place d’un marché obligataire dédié aux PME sur le Marché Financier de l’Afrique Centrale », indique le document de programmation 2026 du régulateur, consulté par L’Economie.
L’Offre PME en cours de déploiement
Le projet s’inscrit dans la continuité des actions entreprises depuis 2024. La COSUMAF prévoit « le déploiement et l’élargissement de l’Offre PME » à travers des actions de sensibilisation et de communication destinées aux entreprises et aux professionnels du secteur.
« L’encouragement et la simplification de l’accès des PME au financement via le marché des capitaux seront poursuivis en 2026 », précise le document. Le régulateur s’engage à « évaluer trimestriellement le niveau de mise en œuvre du plan de développement de la Bourse ».
Les actions programmées visent deux objectifs. Améliorer et ajuster le contenu de l’offre en fonction des besoins exprimés par les PME dans un premier temps, et par la suite élargir la base des partenaires pour couvrir l’ensemble de la chaîne de professionnels intervenant dans le processus d’accès au marché des capitaux.
Des mécanismes de garantie en préparation
La COSUMAF annonce le lancement de travaux pour concevoir « des mécanismes de garantie de place en faveur des PME qui souhaiteraient lever des financements sur le Marché Financier Régional ».
Le régulateur envisage également « des solutions d’agrégation/syndication des besoins et offres de financements PME, de manière à atteindre une taille susceptible d’intéresser les investisseurs institutionnels et d’assurer une meilleure mitigation des risques à travers des fonds de dettes PME par exemple ».
Cette approche répond à la fragmentation des besoins de financement des petites structures, souvent trop faibles individuellement pour attirer les grands investisseurs.
L’ouverture à de nouveaux émetteurs
Au-delà des PME, la COSUMAF travaille à « l’ouverture du marché de la dette privée à d’autres catégories d’acteurs n’ayant traditionnellement pas accès à ce marché ».
Le régulateur compte notamment contribuer « à la mise en place du cadre permettant aux collectivités locales de recourir aux financements via le marché des capitaux ».
Cette diversification des émetteurs s’accompagne d’un renforcement de la sécurité du marché. La COSUMAF prévoit d’introduire « des outils et mécanismes permettant une appréciation plus fine du risque lié aux titres de dette ».
Les travaux porteront sur « l’encouragement de la transparence relative aux transactions ainsi que le recours à la notation par des agences agréées, et à des contrats d’émission aux meilleurs standards ».
En 2025, le marché financier régional a enregistré des opérations d’appel public à l’épargne pour 361,8 milliards de FCFA. La COSUMAF vise une hausse de 30% de l’actif sous gestion et une augmentation de 300% du nombre de comptes-titres en 2026.
« L’opérationnalisation du Crowdfunding contribuera à favoriser l’accès des TPME au marché des capitaux », ajoute le document, dans le cadre de la stratégie globale de diversification des sources de financement des entreprises de la zone CEMAC.
Le régulateur compte mobiliser de nouveaux relais en invitant « toutes les banques qui conservent des titres pour le compte de tiers de solliciter et d’obtenir un agrément de teneur de comptes ».

