Sosucam : La nationalisation s’invite dans les scénarios de sortie de Somdia

Alors que le processus de cession des parts de Somdia est suspendu pour six mois, un consortium propose que l’État devienne l’unique actionnaire de la Société sucrière du Cameroun, avant d’en confier la gestion à un opérateur privé.
La suspension du processus de cession des parts de Somdia dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) ouvre la voie à de nouvelles hypothèses sur l’avenir de l’entreprise. Parmi elles, figure désormais celle d’une nationalisation à 100 %, portée par un consortium international et multicommunautaire qui entend soumettre une offre au président de la République, Paul…
Alors que le processus de cession des parts de Somdia est suspendu pour six mois, un consortium propose que l’État devienne l’unique actionnaire de la Société sucrière du Cameroun, avant d’en confier la gestion à un opérateur privé.
La suspension du processus de cession des parts de Somdia dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) ouvre la voie à de nouvelles hypothèses sur l’avenir de l’entreprise. Parmi elles, figure désormais celle d’une nationalisation à 100 %, portée par un consortium international et multicommunautaire qui entend soumettre une offre au président de la République, Paul Biya.
Selon les informations recueillies par L’Economie, le consortium, dont le mandataire est Martin Ngongo Ottou, propose une prise de contrôle intégrale de la Sosucam par l’État, qui en deviendrait l’unique actionnaire. Dans un second temps, la gestion stratégique et opérationnelle de l’entreprise serait confiée à un groupe privé pour une durée de 15 ans.
L’objectif affiché serait de permettre à cet opérateur d’injecter 300 millions d’euros, soit près de 197 milliards de FCFA, afin d’apurer les dettes de la Sosucam et de financer son programme d’investissement. La dette de l’entreprise est évaluée à 106 milliards de FCFA.
Une cession suspendue pour six mois
Cette proposition intervient alors que Somdia, actionnaire majoritaire de la Sosucam avec plus de 80 % du capital, a engagé un processus de sortie. Le groupe français s’était rapproché d’un consortium d’industriels et d’investisseurs nationaux conduit par Joseph Pagop Noupoué.
Mais, dans une correspondance datée du 10 août 2026, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a demandé la suspension, « avec effet immédiat », de toute démarche relative à cette opération, qu’elle soit engageante ou préparatoire.
La transaction n’est donc pas annulée à ce stade. Elle est suspendue dans l’attente des conclusions du Comité stratégique de pilotage mis en place par le gouvernement. Celui-ci doit examiner les implications de l’opération, en apprécier les enjeux et formuler des recommandations devant permettre à l’État d’arrêter sa position.
La Sosucam revêt en effet un caractère stratégique pour les pouvoirs publics. « Le chef du gouvernement tient à rappeler que Sosucam revêt, pour l’État du Cameroun, un caractère hautement stratégique, tant au regard de la souveraineté alimentaire du pays que de ses enjeux économiques, sociaux et politiques », souligne la correspondance du Premier ministère adressée au directeur général de Somdia.
138 milliards de FCFA d’investissements
Le Comité stratégique dispose de six mois pour rendre ses conclusions. Pendant cette période, Somdia devrait poursuivre ses activités au sein de la société, dans l’attente d’une décision définitive sur son éventuel retrait.
Quel que soit le scénario retenu, le futur actionnaire ou gestionnaire devra relever le défi de la modernisation de l’outil de production. Un programme d’investissement de 210 millions d’euros, soit environ 138 milliards de FCFA, est prévu sur plusieurs années.
Ce plan porte notamment sur la modernisation des unités industrielles de Mbandjock et Nkoteng, l’amélioration des performances agricoles et l’extension des systèmes d’irrigation sur les périmètres de canne à sucre. Il prévoit également une diversification de l’offre avec le développement de produits à plus forte valeur ajoutée, comme le sucre en morceaux, ainsi qu’une meilleure valorisation des coproduits, notamment la mélasse et la bagasse destinée à la production d’énergie.
Le consortium à l’origine de la proposition de nationalisation affirme pouvoir mobiliser 300 millions d’euros. Une enveloppe supérieure au seul programme d’investissement, puisqu’elle doit couvrir à la fois l’apurement de la dette et le financement du Capex.
L’enjeu pour l’État est désormais de déterminer le schéma permettant de préserver la capacité de production de la Sosucam, de réduire sa dépendance financière et de sécuriser l’approvisionnement du marché camerounais en sucre. Le Comité stratégique devra trancher ces différentes options avant toute décision sur l’avenir de l’actionnariat.
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