RCA : L’Etat veut relancer la filière café sur 600 000 hectares

Un programme pilote prévoit de porter la production annuelle à 25 000 tonnes, contre seulement 1 145 tonnes enregistrées en 2025.
La République centrafricaine veut redonner de l’élan à une filière caféière en perte de vitesse. Dans le cadre d’un programme pilote, 601 180 hectares viennent d’être mis à disposition pour développer la production et viser, à terme, un volume annuel de 25 000 tonnes. L’initiative est pilotée par Monaco Consulting, avec un dispositif portant à la fois sur les infrastructures, la production et la commercialisation.
Le projet prévoit notamment la construction de sept centres de collecte, l’installation de systèmes d’irrigation et la modernisation de la logistique. Les producteurs et leurs coopératives doivent également bénéficier d’un accompagnement technique destiné à améliorer les rendements et les conditions de production.
Le dispositif prévoit des formations, la fourniture d’intrants agricoles, la mécanisation de certaines opérations ainsi que l’achat et la collecte du café vert. Pour les autorités centrafricaines, l’objectif est de relancer une activité agricole susceptible de contribuer à la diversification de l’économie et à l’amélioration des revenus des communautés rurales.
Une production tombée à 1 145 tonnes
L’enjeu est important pour une filière dont les volumes ont fortement diminué au cours des dernières années. Selon les données du ministère centrafricain des Finances et du Budget, la production de café s’est établie à 1 145 tonnes en 2025. Elle évoluait déjà à un niveau limité, entre 1 000 et 1 400 tonnes, sur la période 2022-2024.
La relance intervient alors que les prix du café offrent des perspectives de revenus aux producteurs. Le kilogramme de robusta est évalué à 3,83 euros, soit environ 2 500 FCFA, tandis que celui d’arabica atteint 7,89 euros, équivalant à environ 5 175 FCFA.
Le programme doit donc permettre de rétablir progressivement les capacités de production, tout en renforçant l’organisation de la collecte et de la commercialisation. L’objectif de 25 000 tonnes représenterait une multiplication par plus de vingt de la production enregistrée en 2025.
Pour Bangui, la réussite de cette initiative dépendra toutefois de la capacité à remettre en production les superficies concernées, à accompagner durablement les producteurs et à structurer les circuits d’évacuation et de commercialisation du café.
Dorothée Abomo, Stg
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