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Région du Sud : Les camions de bois paralysent un axe stratégique Bipindi-Lolodorf

21 juillet 2026Mis à jour le 21 juillet 2026Temps de lecture 3 min
Axe Bipindi-Lolodorf
L'ECONOMIE

À Mbikiliki, sur la nationale n°22 entre Bipindi et Lolodorf, la route s’est transformée en piège. Depuis une semaine, des camions chargés de grumes restent embourbés dans les bourbiers, bloquant la circulation et laissant des populations entières face aux difficultés d’approvisionnement et de déplacement. Face à l’urgence humanitaire et économique, le maire interpelle l’État.

Un véritable goulot d’étranglement paralyse le Sud-Cameroun. Depuis sept jours, la circulation des biens et des personnes est totalement interrompue sur la Route Nationale n°22 reliant Bipindi à Lolodorf. En cause, une dizaine de camions lourds, lourdement chargés de grumes, immobilisés dans des bourbiers impraticables au lieu-dit « colline de Mbikiliki », une rampe escarpée surplombant les chutes éponymes.

Cet axe sinueux est désormais transformé en un cul-de-sac géant. Selon nos informations, au moins huit de ces convois appartiennent à une entreprise d’exploitation forestière locale. En tentant de franchir ce tronçon critique en pleine saison des pluies, avec des chargements sous pression représentant plusieurs centaines de mètres cubes de bois massif, le transporteur a pris un risque inconsidéré, précipitant le blocage structurel d’une chaussée déjà précaire.

« C’est l’asphyxie totale ! Je devais me rendre samedi dernier à Lolodorf pour les obsèques d’un proche. Impossible de passer, les camions barrent tout le passage. », s’indigne Alain, transporteur usager bloqué sur le tronçon.

Pour les populations riveraines, les conséquences sont immédiates et dramatiques. L’isolement est total. Impossibilité d’accéder aux chefs-lieux d’arrondissement pour s’approvisionner en produits de première nécessité, évacuations sanitaires compromises et déplacements familiaux paralysés. L’urgence n’est plus seulement logistique, elle devient sociale. Les échanges quotidiens entre les bassins agricoles et les centres urbains de consommation se sont brutalement interrompus.

Un impact économique destructeur sur le tissu local

Sur le plan économique, la facture s’annonce très lourde pour les bassins de production de la zone. Les commerces de proximité font face à des ruptures de stocks imminentes et à une flambée artificielle des prix des denrées alimentaires de base. Côté agriculture, les planteurs et maraîchers locaux assistent impuissants au pourrissement de leurs récoltes, faute d’accès aux marchés régionaux d’évacuation.

Bien que l’exploitation du bois constitue un pilier de la fiscalité et des revenus régionaux, cet incident met en lumière la responsabilité sociétale des entreprises et l’absence d’entretien préventif des axes empruntés par les grumiers.

Appel à l’arbitrage préfectoral et au MINTP

Face au péril, le maire de Bipindi, Elias Bilong, est monté au créneau. Par correspondance officielle adressée au préfet du département de l’Océan, Bouba Haman, l’édile sollicite la prise en urgence d’un arrêté préfectoral d’interdiction temporaire de circulation des véhicules poids lourds sur l’axe Bidjouka-Bigambo, disposition réglementaire déjà appliquée lors de crises similaires par le passé.

L’édile interpelle également le ministère des Travaux publics pour le déclenchement immédiat de travaux de réhabilitation d’urgence. Alors que la météo prévoit la poursuite de fortes précipitations jusqu’à la fin du mois de juillet, le manque d’anticipation et l’absence de restrictions de tonnages suscitent l’incompréhension générale.

Entre exigences environnementales, responsabilité des exploitants forestiers et carence d’infrastructures, la crise de la RN22 illustre avec acuité les fragilités du désenclavement rural au Cameroun.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueBipindi-LolodorfCamerounCEMACRégion du Sud
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