Forum d’affaires France-Tchad : N’Djamena décroche plusieurs partenariats sectoriels

La rencontre organisée le 25 septembre à Paris a débouché sur plusieurs accords dans la logistique, l’élevage, la santé et la formation, alors que le Tchad cherche à mobiliser près de 30 milliards de dollars pour financer son développement à l’horizon 2030.
Le Tchad cherche à accélérer la mobilisation des capitaux nécessaires à la mise en œuvre de son Plan national de développement (PND). Le pays prévoit de réunir près de 30 milliards de dollars, soit environ 18 000 milliards de FCFA, pour financer 268 projets et réformes d’ici 2030. C’est dans ce contexte que s’est tenu, le 25 septembre à Paris, le Forum d’affaires France-Tchad, avec la participation d’environ 250 entreprises françaises et tchadiennes.
Organisée avec le MEDEF International, la rencontre visait à rapprocher les entreprises françaises des projets identifiés par les autorités tchadiennes et à favoriser la conclusion de partenariats. Plusieurs accords ont été annoncés à l’issue des échanges, principalement dans les secteurs de la logistique, de l’élevage, de la santé et de la formation.
Dans la logistique, un protocole a notamment été signé avec Africa Global Logistics (AGL) autour du projet de port sec de Toukra. Cette infrastructure doit contribuer à accroître les capacités de traitement des marchandises et à fluidifier les échanges dans un pays enclavé.
AGL est déjà présente au Tchad à travers la Société de manutention du Tchad, concessionnaire depuis 2010 du port sec de N’Gueli. La modernisation de cette plateforme, engagée en juillet 2024, avait été évaluée à plus de 2 milliards de FCFA. Le projet de Toukra intervient ainsi dans un environnement marqué par les contraintes de capacité et les problèmes de congestion des infrastructures logistiques existantes.
L’élevage et la santé ciblés
La filière de l’élevage figure également parmi les secteurs concernés par les nouveaux partenariats. Ceva Santé Animale a conclu un accord avec le Groupe Kibervet portant sur la fourniture de produits et services vétérinaires ainsi que sur la construction d’un abattoir moderne. Le partenariat vise à renforcer les capacités sanitaires et industrielles de la filière et à favoriser une plus grande transformation locale.
Dans la santé humaine, le groupe Ellipse prévoit la construction de centres de santé et la formation de personnels infirmiers. Un autre protocole conclu avec MOBIS porte sur la création d’un centre de recherche et d’enseignement supérieur dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, la santé, les infrastructures et les technologies numériques.
La formation professionnelle complète ce dispositif. MK Formation prévoit la création d’une école de l’entrepreneuriat ainsi que le développement de formations aux métiers manuels. Cette initiative prolonge un accord conclu en juin avec l’Office national de promotion de l’emploi (ONAPE), destiné à accompagner 5 000 jeunes et femmes.
Ces engagements restent à inscrire dans la durée et devront être suivis de leur mise en œuvre effective. Ils constituent néanmoins des déclinaisons sectorielles des besoins identifiés dans le PND, dont le financement repose en partie sur la capacité du pays à attirer des capitaux privés.
Près de 30 milliards de dollars à mobiliser
Sur les quelque 18 000 milliards de FCFA recherchés pour le financement du plan, environ 11 000 milliards seraient destinés aux projets et réformes structurants. Les besoins couvrent notamment l’eau, l’électricité, le numérique et les infrastructures de transport.
Le gouvernement tchadien compte ainsi davantage sur le secteur privé pour compléter les ressources publiques et celles des partenaires au développement. Selon le portail officiel Tchad Connexion 2030, 46 % des projets du plan, représentant environ 25 milliards de dollars, sont éligibles à des financements privés, notamment sous la forme de partenariats public-privé.
Le Forum d’affaires France-Tchad s’inscrit dans cette stratégie de mobilisation des investisseurs. Au-delà des accords annoncés à Paris, leur portée économique dépendra désormais de leur transformation en projets financés, construits et effectivement exploités.
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