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Finance numérique : Les risques qui accompagnent chaque transaction

15 septembre 2026Mis à jour le 15 septembre 2026Temps de lecture 3 min
Finance numérique : Les risques qui accompagnent chaque transaction
L'ECONOMIE

Fraude, cyberattaques, usurpation d’identité et crédit numérique exposent les utilisateurs et les opérateurs à des risques croissants, alors que l’usage des services financiers digitaux accélère au Cameroun et en Afrique.

Le développement de la finance numérique change rapidement les habitudes financières en Afrique. Le continent concentre désormais près des deux tiers de la valeur des transactions mondiales de mobile money, avec des centaines de millions de comptes actifs. Au Cameroun, les revenus générés par le secteur ont dépassé 135 milliards de FCFA en 2024, tandis que les volumes de transactions ont progressé de près de 50 %. Cette expansion élargit l’accès aux services financiers, mais accroît parallèlement l’exposition aux risques.

La fraude demeure la menace la plus immédiate. Au Cameroun, le ministère des Postes et Télécommunications a évalué à plus de 1,027 milliard de FCFA le coût des arnaques en ligne en 2025. L’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) a, de son côté, recensé 471 cas de phishing et de scamming ainsi que 59 plateformes financières frauduleuses, dont 40 ont été démantelées.

Les opérateurs sont également confrontés à une multiplication des tentatives de fraude. Chez MTN Cameroun, plus de 4 000 cas de fraudes ou tentatives ont récemment été traités, près de 90 % étant liés à l’ingénierie sociale. Le nombre de plaintes annuelles dépasse par ailleurs 10 000. À l’échelle continentale, Interpol indique que la fraude au mobile money est signalée par 97 % des pays interrogés. Les pertes liées à la cybercriminalité sont, elles, passées de 192 à 484 millions de dollars entre 2024 et 2025.

Des attaques de plus en plus sophistiquées

À la fraude s’ajoute le risque cyber. Kaspersky a recensé quelque 19 millions de cybermenaces ciblant les entreprises et institutions camerounaises en 2024. Le secteur financier figure parmi les cibles privilégiées, dans un environnement où la multiplication des canaux numériques élargit les surfaces d’attaque.

Phishing, usurpation d’identité et SIM swap figurent parmi les techniques utilisées pour prendre le contrôle des comptes et détourner des fonds. L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle pourrait également renforcer les capacités des fraudeurs, en facilitant notamment la production de contenus trompeurs et l’automatisation de certaines attaques.

Le crédit numérique constitue un autre point de vigilance. La multiplication des applications de microcrédit, dont certaines ne disposent pas des agréments requis, expose les utilisateurs à des risques de surendettement et à des méthodes de recouvrement abusives. Les autorités camerounaises et la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) ont ainsi multiplié les mises en garde contre certaines plateformes, notamment en raison de leurs pratiques de collecte de données personnelles et de leurs conditions de crédit.

Cette vulnérabilité apparaît également dans les flux financiers suspects. Selon les données de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), ceux-ci ont atteint 1 665 milliards de FCFA en 2023, en hausse de 180 %. Une partie de ces flux est associée à différentes formes de fraude, y compris celles utilisant les services de mobile money.

Face à cette progression des risques, les opérateurs renforcent leurs dispositifs de sécurité à travers l’intelligence artificielle, la biométrie et les campagnes de sensibilisation. Les régulateurs, eux, cherchent à adapter le cadre de supervision à l’évolution des usages.

Le défi consiste désormais à maintenir le rythme de l’inclusion financière sans laisser la croissance des transactions numériques dépasser celui de la protection des utilisateurs. Pour les opérateurs comme pour les autorités, la cybersécurité, l’éducation financière et la régulation deviennent ainsi des conditions essentielles à la consolidation de la finance numérique.

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Tags :Actualité du CamerounCamerounCEMACFinance numérique
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