Contribution au commerce intra-africain: le Cameroun à la traîne

Afreximbank a publié le 7 juin dernier son rapport sur le commerce africain 2026, intitulé « tirer parti de la géopolitique pour le commerce et l’industrialisation de l’Afrique mondiale ». Il souligne entre autres que le commerce intra-africain a crû de 5,5 % pour s’établir à environ 213,8milliards de dollars en 2025. « Ces résultats témoignent d’une meilleure gestion macroéconomique, du renforcement des institutions, du développement de la coopération régionale et de la détermination des pays africains à maintenir leur croissance malgré un contexte mondial complexe » souligne Afreximbank que dirige le camerounais George Elombi.
En parcourant le rapport, l’on se rend compte que la contribution de l’Afrique Centrale aux échanges-intra-africains demeure marginale (5%), la plus faible parmi les autres régions du Continent. L’Afrique Australe avec l’Afrique du Sud qui conserve sa position de principal contributeur au commerce intra –africain avec une part de 19,2%, concentre près de 40% du commerce intra-africain, devant l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est.
Le Cameroun pour sa part, contribue très peu au commerce africain. La part du pays dans le total des exportations intra-africaines représente 0, 49% en 2025. Le pays est devancé par le Gabon (0,86%), la République du Congo (0,64%). La Guinée Equatoriale affiche 0,12% de part dans les exportations intra-africaines, la République Centrafricaine (0,4%) et le Tchad arrive en dernière position avec 0,02%.
« Les conclusions du rapport mettent en lumière la résilience et le potentiel croissants des économies africaines. La croissance du PIB réel de l’Afrique s’est accélérée, passant de 3,4 % en 2024 à 4,5 % en 2025, dépassant ainsi la croissance mondiale et confirmant la vigueur et la capacité d’adaptation du continent » argumente Afreximbank.
Transformer la fragmentation mondiale en un moteur de croissance
Le rapport 2026 d’Afreximbank sur le commerce africain reconnaît que d’importants défis structurels subsistent. En effet, l’Afrique continue de faire face aux contraintes majeures en matière de financement du commerce, aux déficits d’infrastructures et à une création de valeur limitée dans de nombreux secteurs. Ces défis selon la banque montrent cependant l’ampleur des opportunités. « À mesure que les chaînes d’approvisionnement mondiales se diversifient et que s’intensifie la recherche de pôles de production résilients, l’Afrique est de mieux en mieux positionnée pour s’imposer comme une destination compétitive pour l’investissement, la production manufacturière, l’innovation numérique et l’industrialisation verte » martèle Afreximbank.
Pour la Banque africaine d’import-export, l’Afrique doit agir de toute urgence pour transformer la fragmentation mondiale en un moteur de croissance résiliente et inclusive, ainsi que d’exportations à forte valeur ajoutée. Cela nécessitera : de renforcer les institutions africaines de financement du développement grâce à une capitalisation accrue et à une réglementation mondiale plus équitable, d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment en ce qui concerne les calendriers tarifaires, les règles d’origine et la coordination nationale.
Aussi, il faudra étendre les infrastructures de paiement numérique afin de réduire les goulots d’étranglement liés aux devises et à la logistique, et saisir toutes les occasions de plaider en faveur de réformes du système financier mondial, y compris des changements dans l’élaboration des règles internationales et dans les cadres de restructuration de la dette.
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