Par décision n° 016 du 26 mai 2026, le directeur général de la Sonara, El Hadj Bako Harouna, a attribué au groupement SanlamAllianz / Royal Onyx / Area / AFG le marché relatif aux assurances des chantiers de la raffinerie, pour la période du 1er juillet 2026 au 30 juin 2029. Le montant toutes taxes comprises s’établit à 346 423 978 de FCFA, pour un délai d’exécution de trois ans. Ce contrat constitue le lot chantiers d’un programme d’assurance plus large lancé par la Sonara en mars 2026, dont l’enveloppe globale sur trois ans avait été évaluée à 5,1 milliards de francs CFA pour l’ensemble des risques à couvrir (installations industrielles, équipements informatiques, bureaux et habitations administratives).
Un consortium entièrement local, adossé à une enseigne panafricaine
Le groupement attributaire réunit quatre compagnies opérant dans la branche dommages sur le marché camerounais. SanlamAllianz Cameroun, qui en assure la direction de file, est la filiale locale de la co-entreprise panafricaine constituée par la sud-africaine Sanlam et l’allemande Allianz, deux références mondiales du secteur. Leur fusion au Cameroun, officialisée en décembre 2024, a donné naissance à deux entités distinctes, dont SanlamAllianz Cameroun Assurances, opérant dans la branche dommages sous la direction Christian Bivina Mbarga. La compagnie revendique un chiffre d’affaires de plus de 26 milliards de francs CFA pour l’assurance dommages, se positionnant parmi les leaders du secteur au Cameroun.
Les trois autres membres du consortium sont des acteurs locaux à profils complémentaires. AFG Assurances, anciennement Atlantique Assurances Cameroun, rebaptisée en mars 2025 dans le cadre du rebranding du groupe ivoirien Atlantic Financial Group, se distingue en 2024 comme la compagnie la plus diligente en matière de règlement des sinistres sur le marché camerounais, avec un taux de remboursement de 87,99 % sur trois ans. Royal Onyx Insurance, agréée par le ministère des Finances en avril 2018, est active dans les branches incendie, automobile, risques divers et transports, et dispose d’une expérience dans la couverture d’acteurs du secteur des hydrocarbures, notamment COTCO et la SCDP. Area Assurance complète le dispositif.
L’appel d’offres, publié sur la plateforme de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP) le 4 mars 2026, imposait aux candidats des conditions d’accès sélectives. Les dossiers devaient notamment inclure la preuve de l’absence de sanctions de la CIMA ainsi que des engagements de réassurance d’au moins 200 milliards de francs CFA. Ce seuil, particulièrement élevé au regard de la taille du marché camerounais, explique le recours au groupement : aucune compagnie locale ne dispose seule d’une capacité de réassurance de cette ampleur pour un risque industriel de premier ordre. La procédure exigeait en outre que les candidats soient agréés dans l’espace CIMA et établis au Cameroun.
Un risque industriel sous surveillance depuis 2019
L’enjeu assurantiel de la Sonara s’est considérablement alourdi depuis l’incendie du 31 mai 2019, qui a détruit quatre unités de production sur treize et imposé l’arrêt total du raffinage. Depuis cet incident, la Sonara poursuit un programme de reconstruction et de modernisation de ses installations tout en renforçant ses dispositifs de gestion des risques. Les travaux ont démarré en septembre 2025, et le plan de relance PARRAS 24 vise un redémarrage de la production d’ici fin 2027. Dans ce cadre, la couverture des chantiers constitue une obligation réglementaire et contractuelle pour tout partenaire technique intervenant sur le site.
Ce contrat d’assurance représente par ailleurs le premier marché adjugé par la Sonara dans le périmètre direct de son programme de réhabilitation, avant l’attribution, attendue au second semestre 2026, du contrat de partenariat public-privé pour la reconstruction et la modernisation de la raffinerie, dont l’enveloppe globale est estimée à près de 1 000 milliards de francs CFA.

