Depuis le 22 juin 2026, l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) tient à Yaoundé au Cameroun, un atelier régional de renforcement des capacités. La rencontre réunit des délégués du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Nigeria et du Tchad, avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), de la coopération allemande et de l’UICN.
L’ordre du jour est triple : améliorer la maîtrise des données hydroclimatiques, renforcer les systèmes d’information hydrométéorologique et, surtout, outiller les participants pour formuler des projets susceptibles de mobiliser des financements auprès des grandes fenêtres climatiques internationales, Fonds vert pour le climat, Fonds pour l’environnement mondial, Fonds pour l’adaptation.
Un bassin sous pression climatique croissante
L’enjeu est considérable. Le Bassin du Niger fait vivre plus de 180 millions de personnes et soutient des pans entiers des économies de la sous-région : agriculture, élevage, pêche, production d’énergie, transport fluvial. Il est aussi l’un des espaces les plus exposés aux effets du dérèglement climatique, avec une recrudescence des sécheresses, des inondations récurrentes, de l’érosion des sols et de la dégradation des écosystèmes.
« Il s’agit de renforcer les capacités des participants sur l’accès et l’utilisation des données, ainsi que sur la préparation de projets bancables pour les guichets de financement climatique. Les échanges permettront aussi d’avancer sur l’opérationnalisation du Fonds régional d’adaptation au changement climatique de l’ABN », a indiqué le secrétaire exécutif de l’institution, Almand Kocou.
L’atelier s’inscrit dans le cadre du Programme intégré de développement et d’adaptation au changement climatique dans le Bassin du Niger, financé par la BAD. Pour le représentant du ministère camerounais de l’Économie (Minepat), la rencontre « accorde une place importante au renforcement des capacités des acteurs, à l’amélioration des outils de gestion climatique et à la mobilisation des financements nécessaires aux investissements durables ».
Au-delà de la formation technique, l’ABN entend utiliser ces quatre jours de travaux pour faire avancer l’opérationnalisation de son Fonds régional d’adaptation au changement climatique, instrument destiné à réduire la dépendance de la sous-région aux financements extérieurs et à accélérer les réponses locales face aux chocs climatiques.

