Le Sommet « Africa Forward : partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », organisé conjointement par la France et le Kenya s’est ouvert hier à Nairobi au Kenya. A travers cet évènement, Emmanuel Macron, président français souhaite impulser une nouvelle stratégie française sur le Continent, fondée beaucoup plus sur les partenariats économiques que militaires. Prenant la parole à la clôture du Business Forum du sommet, en présence des dirigeants politiques, des investisseurs et autres acteurs économiques, Emmanuel Macron a annoncé que la France va mettre à la disposition de l’Afrique 23 milliards d’euros d’investissements, soit plus de 15 000 milliards de FCFA.
Sur les 23 milliards d’euros annoncés, 14 milliards d’euros vont provenir d’acteurs français (entreprises privées, fondations, fonds d’investissement) et des institutions d’aide au développement, notamment : l’Agence Française de développement (AFD), Proparco et la Direction générale du Trésor. Les 9 milliards restants seront apportés par les investisseurs africains, comme quoi il s’agira d’une co-mobilisation des capitaux pour la réalisation des projets de développement. Les principaux secteurs qui vont bénéficier de ces financements sont : la transition énergétique (4,3 milliards). La France entend peser dans la bataille pour le financement de la décarbonation du continent, là où les Américains se retirent et où les Chinois avancent avec leurs propres instruments. Le numérique et l’Intelligence artificielle, l’économie bleue (pêche, ports, ressources marines, routes maritimes), l’agriculture et la santé ne sont pas en reste des secteurs qui vont bénéficier des financements. Pour Emmanuel Macron, l’aide publique c’est fini. « L’Afrique a besoin d’investissements, plutôt que de l’aide publique » a déclaré le président français.
Favoriser les partenariats économiques
Le Sommet Africa Forward qui s’achève aujourd’hui à Nairobi s’inscrit dans le renouveau des relations entre la France et les pays africains, fondé sur des partenariats mutuellement bénéfiques et un rapport d’égal à égal. Il se donne comme ambition de valoriser les résultats du changement de paradigme engagé depuis 2017 dans ces relations, en reflétant une approche inclusive et effective du multilatéralisme, qui s’appuie sur le Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète, adopté à Paris en juin 2023. « L’Afrique est un continent que je ne veux plus que la France regarde d’un côté comme étant un pré carré, où les dirigeants d’entreprises auraient, en quelque sorte, tous les droits ou tous les contrats qui leur seraient garantis parce que c’était l’Afrique francophone, c’est fini. Depuis 2017, c’est terminé cette époque » souligne Emmanuel Macron.
Le Sommet Africa Forward est prioritairement orienté sur des sujets économiques tels que la réforme de l’architecture financière internationale, la transition énergétique, l’industrialisation verte, l’économie bleue, l’intelligence artificielle et les technologies numériques. Il est prévu un forum d’affaires qui va réunir des grands dirigeants d’entreprises africaines et françaises, des dirigeants de petites et moyennes entreprises ainsi que des jeunes entrepreneurs et des représentants du secteur public. Objectif : favoriser les partenariats économiques. « On est sur un continent où le tissu économique s’appuie énormément sur les dynamiques des entrepreneurs individuels. Travailler sur les sujets d’inclusivité, de soutien aux PME, d’entrepreneuriat, est essentiel pour répondre aux défis économiques de prospérité et d’inclusivité, notamment des jeunes et des femmes », souligne Sandra Kassab, directrice du département Afrique à l’Agence française de développement (AFD).


