Depuis le 2 janvier 2026, Transatlantic D assure les opérations de scanning au Port Autonome de Douala (PAD). Ce changement de prestataire met un terme au modèle de la société suisse, SGS, dont le cadre juridique a expiré le 15 mars 2025 après dix ans d’activité. Les autorités justifient cette rupture par une couverture incomplète des flux, une perte de maîtrise publique sur les données douanières et un retard de sept ans dans l’installation des équipements de contrôle. Selon les informations PAD, la restructuration a reçu l’accord de la Présidence de la République le 20 mars 2025.
L’analyse de la période 2015-2025 établit des écarts entre les obligations contractuelles et la réalité des opérations. Alors que le contrat de 2015 imposait un délai de dix mois pour la mise en service des équipements, « il aura fallu près de sept années à SGS pour installer et rendre opérationnels quatre scanners seulement », apprend-on au PAD. Cette lenteur a limité la capacité technique face au volume de marchandises du premier port national.
Par ailleurs, le non-respect du calendrier de maintenance a provoqué une baisse de la qualité des images ainsi que des indisponibilités techniques. Ces manquements ont généré « des zones non ou mal scannées » et une perte d’efficacité dans le ciblage des fraudes. En outre, l’organisation d’opérations hors de l’enceinte portuaire a rompu la continuité du contrôle.
Des besoins de souveraineté
Tandis que le service de scanning au Port de Douala connaît une mutation vers un opérateur local, le contrat PSRD-NG, piloté par un prestataire étranger, impose un cadre de dépendance à l’administration douanière. Ce programme de sécurisation des recettes maintien des prérogatives régaliennes entre les mains d’une entité externe. Ce partenaire gère l’évaluation de la valeur en douane, l’analyse des risques et le contrôle des produits miniers.
Le dispositif garantit à cet acteur un accès total aux bases de données fiscales et aux manifestes de cargaisons. Le mécanisme financier prévoit le versement automatique de 75 % des factures, sans blocage possible en cas de litige. Les clauses juridiques prévoient un arbitrage à Paris et une renonciation de l’État à son immunité de juridiction. Cette configuration interroge la maîtrise des données stratégiques et la réalité de la souveraineté économique.
