Le dynamisme entrepreneurial du Cameroun ne fait aucun doute. Les chiffres officiels en attestent. L’annuaire statistique 2024 du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) fait état de 443 524 PME recensées, soit une progression notable de 12,8% en une seule année. Pourtant, derrière cette effervescence se cache une réalité plus sombre : une mortalité précoce et significative des jeunes entreprises. Les causes, récurrentes, sont bien documentées : faiblesse de la structuration légale et financière, manque de visibilité commerciale et, de plus en plus, un retard criant en matière de digitalisation.
C’est dans ce contexte que la plateforme « Scale Up Ton Business » (SUTB), portée par Nathalie koah s’inscrit, opérant un virage décisif par rapport à l’approche traditionnelle. Loin de se concentrer uniquement sur les leviers de financement, souvent considérés comme le remède universel aux difficultés entrepreneuriales, SUTB 2025 ambitionne de fournir à 150 participants les outils pratiques et stratégiques pour la pérennité.
« Les initiatives purement financières ne suffisent pas toujours à garantir la survie des PME. L’argent sans la stratégie et la structure, c’est une subvention à l’échec », précise un des organisateurs. Le programme de cette édition illustre cette philosophie par la nature de ses ateliers.
Les jeunes entrepreneurs seront notamment formés à la mobilisation de financements « à partir de zéro », insistant sur la crédibilité du modèle économique avant l’apport en capital. Mais l’innovation majeure réside dans l’intégration de modules pointus et contemporains, tels que l’usage de l’Intelligence Artificielle pour la création de contenu et la stratégie commerciale 3.0, un signal fort de l’adaptation aux nouvelles pratiques mondiales. Le branding, la digitalisation et la stratégie commerciale sont également au cœur des sessions qui seront animées par des experts reconnus du secteur, comme Diane Audrey Ngako, Jean P. Ketcha et Steve Stéphane Bime, ou encore Axel Alima.
L’Inclusion comme moteur de résilience
L’événement ne se limite pas à la transmission de compétences techniques. Il intègre une dimension sociale et inclusive essentielle pour l’économie camerounaise. L’organisation a mis l’accent sur une forte présence féminine et juvénile, pour adresser directement la problématique des inégalités économiques.
La marraine de l’événement, Kate Fotso, ainsi que Charlotte Kalala, interviendront sur des sujets ciblés comme la résilience entrepreneuriale et le leadership féminin. Cette volonté d’intégrer les femmes dans le tissu économique formel est en phase avec les objectifs nationaux de valorisation de l’entreprenariat féminin, souvent concentré dans l’informel ou faiblement digitalisé.
L’impact concret de cette approche par les compétences est déjà visible. Djin Ayissi, créateur de mode et promoteur de « Moan Jesus », qui a participé à la première édition, témoigne avoir « fait progresser significativement sa marque » grâce aux outils de structuration et de visibilité acquis.
