Ce samedi 11 avril 2026 à Bertoua, les membres du Syndicat national des promoteurs des bureaux d’achats des diamants, de l’or et des orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam) se sont réunis pour élaborer un plaidoyer commun. L’objectif : définir une stratégie unifiée pour défendre leurs intérêts face aux autorités.

Au menu des doléances figurent les lourdeurs administratives dans la délivrance des documents, la pression fiscale et parafiscale jugée excessive, les défis sécuritaires et les difficultés liées à la traçabilité de l’or et du diamant dans le cadre du processus de Kimberley.

« L’or est une denrée précieuse qui bénéficie à l’ensemble des acteurs de la chaîne, des producteurs aux exportateurs, en passant par les intermédiaires. Il contribue au développement économique et à la création de valeur », a rappelé Elhadji Ousmanou Hamadou, président national du Synaprobadiocam.

Le document, qui sera transmis au gouvernement le 14 avril 2026, met particulièrement l’accent sur la multitude de prélèvements fiscaux et parafiscaux – impôts, taxes, redevances minières et contributions diverses – qui pèsent sur la rentabilité des opérateurs.

Le syndicat appelle à une harmonisation des textes, une clarification des procédures fiscales et une rationalisation des redevances. L’enjeu : garantir un équilibre entre les intérêts de l’État et ceux des opérateurs, tout en favorisant un environnement fiscal transparent propice au développement durable du secteur minier camerounais.

Six Chinois interpellés pour exploitation illégale à Tapare

Dans le département du Lom-et-Djerem, la localité de Tapare a récemment été le théâtre d’une opération conjointe de la gendarmerie nationale et du Synaprobadiocam visant à mettre fin à l’orpaillage semi-mécanisé illégal.

« Nous avons effectué une descente au sein de cinq sociétés qui exploitent des matières premières de façon illégale depuis plus d’un an, sans document ni autorisation », a expliqué Elhadji Ousmanou Hamadou.

Sur ce terrain difficile d’accès – quatre heures de piste depuis Betaré Oya –, huit camps de fortune ont été recensés, équipés d’installations hydrauliques, de plateaux de lavage et de générateurs électriques. Plusieurs camps abritaient des ressortissants chinois.

Les forces de l’ordre ont découvert un véritable désastre écologique : cratères abandonnés, eaux stagnantes et jaunâtres… Six ressortissants chinois ont été interpellés et conduits à la légion de gendarmerie de l’Est pour audition.

« Lors de la descente, nous avons constaté l’absence des représentants de l’administration des mines et de la Sonamines (Société nationale des mines). Qui va donc prélever la quote-part de l’État ? Nous espérons que dans les prochains jours, l’État prendra des dispositions pour mettre fin à cette situation », s’est indigné le président du Synaprobadiocam.

Un écart troublant dans les statistiques d’exportation

Cette affaire s’inscrit dans un contexte troublant. Selon un récent rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), un écart considérable existe entre les quantités d’or déclarées et celles effectivement commercialisées en 2023.

Alors que les douanes camerounaises déclarent des exportations de seulement 22,3 kg, les Émirats arabes unis affirment avoir reçu 15 tonnes d’or en provenance du Cameroun au cours de la même année. Un écart qui soulève de sérieuses questions sur la traçabilité et les circuits d’exportation de l’or camerounais.

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