Le Cameroun perd l’un de ses piliers institutionnels. Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale du Cameroun, est décédé mardi 6 mai 2026 à Tokombéré, dans la région de l’Extrême-Nord, à l’âge de 86 ans. Sa disparition survient quelques semaines seulement après son retrait du perchoir, et dans un contexte marqué par la disparition récente de Marcel Niat Njifenji, autre figure emblématique des institutions camerounaises.

Né en 1939 dans le département du Mayo-Sava, Cavaye Yéguié Djibril aura consacré plus de cinq décennies à la vie politique nationale. Élu député dès 1973, il n’a cessé depuis lors de représenter sa circonscription, s’imposant comme une figure incontournable du paysage parlementaire.

Son ascension atteint le pic en 1992 lorsqu’il accède à la présidence de l’Assemblée nationale, fonction qu’il occupera sans discontinuer pendant plus de trente ans. Une longévité rare qui fait de lui l’un des responsables institutionnels les plus durables du continent africain.

À la tête de la chambre basse du Parlement, Cavaye Yéguié Djibril a été un acteur central dans l’évolution du système politique camerounais, notamment durant les périodes de transition démocratique amorcées dans les années 1990. Proche du pouvoir exécutif, il a souvent été perçu comme un garant de la stabilité institutionnelle, veillant au fonctionnement régulier du Parlement dans un contexte politique parfois tendu.

Son style, discret mais ferme, lui a permis de maintenir une certaine continuité dans la conduite des affaires parlementaires. Il a supervisé l’adoption de nombreuses lois structurantes et accompagné les réformes institutionnelles importantes du pays.

Une influence au-delà du Parlement

Au-delà de son rôle institutionnel, Cavaye Yéguié Djibril incarnait une figure d’autorité dans le Grand Nord camerounais. Son ancrage local, notamment à Tokombéré, lui conférait une légitimité importante auprès des populations, renforçant son poids politique au niveau national.

Son influence s’étendait également au sein du parti au pouvoir, où il comptait parmi les cadres historiques. Sa longévité témoignait d’une capacité rare à naviguer dans les équilibres politiques internes.

Célestin T. MBAKOP

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