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Minette Libom Li Likeng : « La transformation numérique s’impose aujourd’hui comme un levier de modernisation de l’action publique »

5 octobre 2026Mis à jour le 5 octobre 2026Temps de lecture 11 min
Minette Libom Li Likeng : « La transformation numérique s’impose aujourd’hui comme un levier de modernisation de l’action publique »
L'ECONOMIE

Le numérique s’impose progressivement comme un outil de modernisation du secteur agricole camerounais. Dans le cadre du PATNUC, quatre plateformes numériques ont été rétrocédées au MINADER le 1er octobre 2026, tandis que les opérations de collecte et d’analyse des sols cultivables ont été officiellement lancées. Dans son discours, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, revient sur les enjeux de cette transformation et le rôle de la donnée dans l’amélioration de la décision publique. L’Economie vous propose l’intégralité de son discours.

C’est pour moi un réel honneur et une profonde satisfaction de prendre la parole ce jour, à l’occasion de cette double cérémonie consacrée, d’une part, à la signature de la convention de rétrocession des équipements, matériels et plateformes numériques au profit du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural et, d’autre part, au lancement officiel des activités de collecte et d’analyse des échantillons de sols cultivables du Cameroun.

Cette cérémonie qui rentre dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun, le PATNUC, s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’action publique engagée par le Gouvernement, et traduit la volonté constante de faire du numérique un levier structurant de transformation de nos secteurs stratégiques, parmi lesquels figure le secteur agropastoral. Aussi, permettez-moi, avant de poursuivre, d’exprimer mes sincères remerciements à l’ensemble des équipes techniques qui ont œuvré, avec rigueur et persévérance, à l’aboutissement de ce projet.

Cet aboutissement est, en effet, le fruit d’un travail collectif. Je voudrais, à ce titre, saluer la collaboration étroite entre le Ministère des Postes et télécommunications et le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, dont l’implication a permis d’assurer la cohérence et la complémentarité des actions engagées au profit de ce secteur important pour notre économie. Dans cette dynamique partenariale, je voudrais également saluer l’engagement constant de nos partenaires techniques et financiers qui accompagnent les réformes structurelles engagées par le Gouvernement dans le domaine du numérique.

Je pense tout particulièrement à la Banque mondiale, dont l’appui, à la fois technique et financier, traduit la confiance accordée à notre pays dans sa trajectoire de transformation numérique et de modernisation de l’action publique.

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

La transformation numérique s’impose aujourd’hui comme un levier déterminant de modernisation de l’action publique. Elle ne relève plus du seul secteur des technologies ; elle constitue désormais une dimension transversale qui influence l’ensemble des politiques publiques, la qualité du service rendu aux usagers ainsi que l’efficacité de la décision administrative.

Dans un contexte marqué par la complexité croissante des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, l’État doit s’appuyer sur des instruments modernes d’observation, d’analyse et de pilotage. La gouvernance publique ne peut plus reposer sur des informations fragmentées ou approximatives. Elle exige des données fiables, harmonisées et disponibles en temps utile, afin d’anticiper les risques, d’orienter les interventions et d’évaluer les politiques mises en œuvre. Cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision de la plus Haute Autorité de l’État, déclinée dans son livre Pour le libéralisme communautaire.  Une pensée dynamique à la mesure des temps présents, Lausanne, Favre, 2024, p. 82] en ces termes (je le cite) : « Mon action consiste et consistera à m’assurer que le Cameroun est dans le train de la révolution numérique qui transforme progressivement tous les secteurs de la vie humaine » Fin de citation.

En effet, le numérique est aujourd’hui considéré comme une infrastructure structurante du développement. Grâce aux outils digitaux, l’État peut collecter l’information en temps réel, améliorer la coordination de ses services, renforcer la traçabilité des activités, optimiser la planification et fonder ses décisions sur des éléments objectifs. Cette dynamique concerne l’ensemble des secteurs de la vie nationale : l’éducation, la santé, la sécurité, les finances publiques, l’aménagement du territoire et, entre autres, le secteur agropastoral et notamment l’agriculture.

S’agissant spécifiquement de ce dernier, la disponibilité d’informations fiables revêt une importance particulière. La gestion d’activités géographiquement dispersées, exposées aux aléas sanitaires, climatiques et économiques, requiert une connaissance des zones de production, et des dynamiques de marché. Autrement dit, elle suppose des systèmes d’information performants capables de produire des données actualisées et exploitables.

C’est dans cette logique que le secteur agropastoral a été retenu comme composante du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun.  Car il faut le reconnaître avec lucidité : aucun secteur stratégique ne peut aujourd’hui être administré efficacement à l’aide d’outils de suivi partiels ou hétérogènes. La performance, la réactivité et la résilience de l’action publique reposent désormais sur la qualité de l’information, la coordination des acteurs et l’intelligence des données.

Mesdames et Messieurs,

Comme indiqué précédemment, l’évènement qui nous rassemble marque un double intérêt. Il s’agit de la signature de la convention de rétrocession des équipements et plateformes numériques au profit du MINADER et du lancement officiel des activités de collecte et d’analyse des échantillons de sols cultivables dans notre pays.

Cet évènement traduit la volonté constante du Gouvernement de conduire, de manière cohérente et structurée, la digitalisation progressive des secteurs prioritaires de notre économie, et s’inscrit pleinement parmi les activités prioritaires du PATNUC.

Projet structurant mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale, le PATNUC vise en effet, à consolider durablement l’écosystème numérique national. Il s’articule autour de trois composantes majeures : d’une part, le renforcement de la confiance et du cadre institutionnel du numérique ; d’autre part, l’extension de la connectivité et de l’inclusion numérique ; et enfin, la facilitation de la mise en œuvre de solutions basées sur les données dans le secteur agricole. Cette troisième composante se traduit concrètement par l’introduction d’outils numériques permettant de mieux collecter, exploiter et partager l’information au sein des activités agricoles. Elle vise à encourager l’innovation, à améliorer l’organisation des filières et à renforcer les relations entre producteurs, prestataires de services et marchés.

Dans ce cadre, plusieurs initiatives ont déjà été engagées au bénéfice du monde rural. Il s’agit, notamment, de l’émission de bons numériques destinés aux agriculteurs afin de faciliter leur accès aux intrants et aux services agricoles. Il s’agit également du financement et de l’accompagnement de solutions agritech portées par de jeunes entrepreneurs, contribuant à l’émergence d’innovations locales adaptées aux réalités du terrain et à la création de nouvelles opportunités d’emplois.

Aussi, la rétrocession de ce jour s’inscrit-elle dans la continuité des actions déjà engagées et marque une étape importante dans cette dynamique de modernisation. Au-delà de sa portée formelle, elle traduit surtout un engagement institutionnel partagé au service d’une transformation numérique concrète et durable. Le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural assurera l’exploitation effective des plateformes, leur maintenance, leur sécurisation ainsi que leur mise à jour régulière.

Pour sa part, le PATNUC accompagnera le transfert progressif des compétences techniques, afin de garantir une appropriation complète et pérenne de ces outils par les services bénéficiaires. La réussite de cette initiative dépendra de l’usage qui en sera fait. Car, les technologies, aussi performantes soient-elles, ne produisent d’impact réel que lorsqu’elles sont pleinement intégrées dans les pratiques quotidiennes de l’administration et mises au service de l’intérêt général.

Distinguées personnalités,

Mesdames et Messieurs.

La rétrocession que nous officialisons aujourd’hui porte notamment sur quatre plateformes structurantes, destinées à renforcer les capacités du MINADER et, pour certaines d’entre elles, à accompagner également les structures de formation relevant du MINADER et du MINEPIA. Il s’agit premièrement de la Plateforme bilingue de suivi et de gestion des apprenants et des écoles de formation du MINADER et du MINEPIA.

Cette plateforme permettra notamment d’améliorer le suivi des apprenants, la gestion des établissements, des parcours de formation, des programmes, des évaluations et des résultats, tout en facilitant la production de statistiques et de tableaux de bord utiles à la prise de décision. Deuxièmement, de la Plateforme bilingue d’E-learning et de bibliothèque numérique des écoles de formation du MINADER et du MINEPIA. Celle-ci constitue un outil important pour la modernisation de la formation, l’accès aux ressources pédagogiques et la diffusion des connaissances, en cohérence avec les nouvelles pratiques d’apprentissage offertes par le numérique.

Troisièmement, de la Plateforme de cartographie interactive et de fertilité des sols cultivables au Cameroun. C’est cette solution qui est directement au cœur de l’activité dont la phase opérationnelle est lancée officiellement aujourd’hui.Elle permettra de gérer les campagnes d’enquête, la collecte des données de terrain, les mesures in situ, le géoréférencement, la gestion des analyses de laboratoire, la saisie et la validation des résultats ainsi que leur consultation et leur exploitation à travers une cartographie interactive. Enfin, quatrièmement, de la Plateforme de système d’information des statistiques agropastorales et géographiques. Cette plateforme permettra de renforcer la collecte, la centralisation, le traitement, l’analyse, la visualisation et la production de rapports à partir des données agricoles et géographiques. Il convient de le relever ici, ces quatre plateformes ne constituent guère de simples outils informatiques. Elles constituent des instruments d’aide à la décision. Et doivent contribuer à produire une administration plus informée, plus réactive et davantage orientée vers les résultats.

Par ailleurs, la rétrocession comprend également des moyens logistiques et opérationnels, afin que ces plateformes fonctionnent et produisent effectivement les résultats attendus. C’est pourquoi la rétrocession et la mise en œuvre de l’activité de cartographie s’accompagnent d’un important dispositif d’équipements. S’agissant particulièrement des opérations de collecte, de géoréférencement et d’analyse des échantillons de sols, le PATNUC a mobilisé notamment un important lot d’équipements techniques de dernière génération dont la liste a déjà été publiée par le coordonnateur du PATNUC. Il faut également mentionner les équipements informatiques dédiés aux plateformes numériques, ainsi que les équipements roulants et autres matériels destinés à assurer leur fonctionnement et leur pérennisation, conformément aux inventaires annexés aux conventions de rétrocession et de mise à disposition.

L’ensemble de ces équipements a fait l’objet d’une réception technique conforme aux exigences contractuelles du projet, garantissant ainsi leur pleine fonctionnalité et leur adéquation aux objectifs assignés. La liste exhaustive sera dévoilée lors de leur cession officielle.

Mesdames et Messieurs.

Faut-il encore le rappeler, le secteur agricole occupe une place essentielle dans notre économie et dans la vie de nos populations. Mais pour produire davantage et mieux, il faut d’abord mieux connaître nos ressources.

Il faut connaître nos sols.

Il faut disposer de données fiables sur leur fertilité.

Il faut savoir où se trouvent les terres les plus favorables à certaines cultures, quelles sont leurs caractéristiques, quels sont leurs besoins et quelles pratiques agricoles permettent d’en tirer durablement le meilleur rendement. C’est précisément l’ambition du Système d’Information de la Cartographie Interactive de la Fertilité des sols cultivables du Cameroun, qui figure parmi les plateformes mises à la disposition du MINADER, par le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique du Cameroun ce jour. À terme, cette plateforme contribuera à répondre, avec une précision accrue, à des questions essentielles : quand produire, où produire, quoi produire, comment produire et pour quel rendement.

Nous sommes donc ici au cœur d’une nouvelle approche de la décision agricole : passer progressivement d’une agriculture fondée principalement sur l’expérience et l’observation à une agriculture davantage éclairée par la donnée, la connaissance scientifique et les outils numériques. Et c’est pour cela que le lancement officiel ce jour, des activités de collecte et d’analyse des échantillons de sols cultivables revêt une importance particulière.

Monsieur le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural,

Madame et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Monsieur le Coordonnateur National du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun,

Mesdames et Messieurs les représentants de la Banque mondiale et des partenaires techniques et financiers,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs.

Parmi les  » Trente objectifs pour le Cameroun « , déclinés par le Président Paul BIYA dans son livre Pour le libéralisme Communautaire, édition 2024 p.199, figure « L’intensification de l’usage maîtrisé et efficace des technologies de l’information et de la communication en vue de l’avènement d’une authentique et dynamique société de la connaissance et d’une véritable économie numérique, structurée par l’éthique ».

Aussi, la cérémonie de ce jour se situe-t-elle dans le cadre de l’atteinte de ces Très Hauts Objectifs présidentiels.

Vous me permettrez donc de féliciter l’ensemble des responsables administratifs, experts sectoriels et personnels techniques, mobilisés tout au long du processus. Par leur disponibilité et leur sens du service public, ils ont contribué de manière décisive à la conception et à la mise en œuvre opérationnelle des plateformes aujourd’hui remises.

Je formule le vœu que ces équipements et plateformes soient exploités avec rigueur, professionnalisme et sens élevé de responsabilité, afin qu’ils produisent les résultats attendus et contribuent durablement à la modernisation du secteur agricole.

Qu’ils permettent d’améliorer la qualité des données, de renforcer la veille sanitaire, d’optimiser la gestion des urgences et d’accroître l’efficacité de l’action publique.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMACMinette Libom Li LikengTransformation numérique
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