Le marché financier de la zone CEMAC affiche une physionomie singulière en ce début de semaine. L’indice de référence, le BVMAC All Share Index, demeure immuable à 1 147,20 points, une stabilité qui masque pourtant un mouvement de dégonflement majeur du marché obligataire. La donnée capitale de cette séance réside dans la contraction de l’encours des dettes cotées, qui glisse de 1 422 milliards à 1 386,5 milliards de FCFA. Ce repli de 2,52% s’explique exclusivement par la maturité atteinte par l’obligation étatique gabonaise (EGA02). Si ce dénouement confirme la solvabilité des émetteurs souverains, il prive la côte de Douala d’une part de sa substance.

Dans ce compartiment obligataire en pleine mutation, la signature privée Alios Finance s’impose comme le véritable poumon transactionnel, rivalisant désormais avec la signature des États. L’échange de 2 300 titres sur la ligne Alios-05 (6% Brut 2025-2028), réalisé au pair pour 23,17 millions de FCFA, témoigne d’une résilience notable. Le contraste est saisissant avec le souverain : alors qu’Alios s’échange à 100% de sa valeur nominale, l’obligation camerounaise ECMR 5,8% décote à 98,40%, avec une offre de 250 titres restant désespérément sans contrepartie. Le carnet d’ordres révèle d’ailleurs une pression vendeuse latente sur le privé, avec plus de 17 000 titres Alios en attente, signe que la liquidité immédiate reste le défi majeur des courtiers.

Le secteur des actions, de son côté, s’enferme dans un calme plat. Avec seulement 30 titres Socapalm échangés pour 1,65 million de FCFA, l’agro-industriel maintient son cours à 55 000 FCFA sans parvenir à entraîner le reste de la côte. Les valeurs Safacam, SEMC ou encore la BGFI conservent leurs niveaux de la veille, faute d’un volume de transactions suffisant pour faire bouger les lignes. Ce déséquilibre chronique entre acheteurs et vendeurs fige la capitalisation boursière globale à 504,54 milliards de FCFA, soulignant l’étroitesse d’un flottant global qui plafonne à 74,28 milliards de FCFA.

Face à cette raréfaction du papier direct, le salut des épargnants réside dans la gestion collective. Les OPCVM continuent d’afficher des progressions insolentes : le FCP ASCA Liquidités domine avec une hausse historique de 45,49% depuis l’origine, tandis que le FCP Harvest Actions CEMAC caracole avec une performance globale de 33,28%. Cette dynamique confirme un basculement profond : les capitaux régionaux délaissent la détention directe de titres, jugée trop illiquide, pour se confier à des mains expertes capables de naviguer sur le marché monétaire en attendant le « choc d’offre » promis par les régulateurs.

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