Le département d’État américain prépare une réorganisation en profondeur de son dispositif consulaire en Afrique. Selon des informations révélées le 1er juin par l’agence Associated Press, sur la base d’une note interne et de témoignages de trois responsables américains sous couvert d’anonymat, apprend-on de nos confrères de l’Agence Ecofin, Washington envisage de ramener de 50 à 20, le nombre d’ambassades et consulats habilités à traiter les demandes de visas sur le continent africain. La mesure, dont la mise en œuvre est attendue en juin 2026, aurait reçu l’aval du secrétaire d’État Marco Rubio.
Le Cameroun fait partie des vingt pays désignés comme hubs consulaires régionaux, aux côtés du Nigeria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Sénégal, de l’Éthiopie, de l’Afrique du Sud ou encore de la République démocratique du Congo. Ce statut signifie que l’ambassade américaine à Yaoundé conserverait ses attributions en matière de visas, et pourrait même en absorber de nouvelles, dans la mesure où des ressortissants de pays voisins non retenus dans la liste des hubs seraient contraints d’y déposer leurs dossiers.
Pour les demandeurs camerounais, le maintien du traitement local constitue, à ce stade, un élément de stabilité. Mais la recomposition du réseau consulaire à l’échelle régionale va mécaniquement accroître la pression sur les 20 ambassades retenues. Des délais d’attente plus longs et une saturation des créneaux de rendez-vous sont des conséquences prévisibles, dans un contexte où les procédures sont déjà assorties d’exigences renforcées.
La mesure s’inscrit dans une série de restrictions engagées depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. En décembre 2025, plusieurs pays africains avaient été ajoutés à la liste des nationalités interdites d’entrée sur le territoire américain. En janvier 2026, Washington avait suspendu le traitement des visas d’immigration pour 75 pays, dont 26 États africains. Plus récemment, une caution pouvant atteindre 15 000 dollars a été instaurée pour certaines catégories de demandeurs avant l’examen de leur dossier.
Cette réduction du réseau consulaire s’inscrit par ailleurs dans une révision plus large du dispositif diplomatique américain à travers le monde, placée sous le signe de la rationalisation budgétaire et du durcissement des critères migratoires.
Pour le Cameroun, la situation mérite un suivi attentif. Si le statut de hub protège à court terme les candidats au visa, la contraction du réseau régional fait peser des contraintes nouvelles sur des flux consulaires déjà sous tension. Les opérateurs économiques, les étudiants et les professionnels camerounais qui entretiennent des liens avec les États-Unis ont intérêt à anticiper des procédures plus longues et potentiellement plus coûteuses dans les mois à venir.


