Depuis une semaine, la cité balnéaire de Kribi est confrontée à une pénurie sévère d’eau potable. Ce « précieux sésame » fait cruellement défaut aux habitants, contraignant de nombreux foyers à recourir à des solutions de fortune dans un contexte de forte chaleur.

La situation trouve son origine dans une panne technique majeure survenue sur les équipements de l’usine de traitement d’eau de la Lobé, située sur les berges du fleuve du même nom. Selon un communiqué publié par la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), société publique chargée de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun, cette défaillance a entraîné une baisse significative de la capacité de production, estimée à 40 %.

Pourtant, sur le terrain, la réalité apparaît bien plus dramatique que ne le laisse entendre l’annonce officielle. Dans les quartiers de la cité balnéaire, les robinets sont restés désespérément secs. De longues files indiennes se forment chaque jour aux abords des puits aménagés ou des points d’eau de secours. L’attente s’étire parfois pendant des heures pour obtenir seulement quelques litres d’une eau dont la qualité laisse souvent à désirer.

Au quartier Dombè, l’une des zones les plus populaires du deuxième arrondissement, les scènes de détresse sont particulièrement poignantes. Une mère de famille rencontrée sur place témoigne avec amertume : « Je suis obligée de puiser l’eau du fleuve Kienké pour cuisiner et satisfaire les besoins domestiques de la maison. Nous n’avons pas le choix. »

Cette pratique, répandue dans plusieurs quartiers, n’est pas sans risques sanitaires. Alors que la ville traverse une période de chaleur intense, avec des températures atteignant fréquemment 34 à 35 degrés, l’utilisation d’eau non traitée expose les populations à de multiples dangers : diarrhées, maladies hydriques et infections cutanées. Les enfants et les personnes âgées sont les plus vulnérables. La pénurie touche également les activités économiques. Hôtels, restaurants et établissements touristiques, piliers de l’économie locale, peinent à maintenir leurs services.

Face à la grogne montante, la CAMWATER tente de rassurer ses abonnés. Dans son communiqué, l’entreprise publique indique que « les équipes techniques sont d’ores et déjà mobilisées et à pied d’œuvre pour un rétablissement de la situation dans les meilleurs délais ». Elle précise en outre que « la reprise de la production et la normalisation progressive de la desserte se feront dès la fin des travaux ».

Malgré ces assurances, les habitants expriment une exaspération croissante. Nombreux sont ceux qui réclament non seulement une réparation rapide, mais aussi des mesures structurelles pour éviter la récurrence de telles crises. La ville de Kribi, en plein essor démographique et touristique grâce à son port et à ses plages, mérite une desserte en eau potable stable et fiable, à la hauteur de son statut de pôle de développement du Sud-Cameroun.

En attendant le retour à la normale, les populations continuent de s’organiser comme elles le peuvent, entre solidarité de voisinage et recours aux solutions d’urgence. Une situation qui rappelle, s’il en était besoin, l’importance vitale de l’accès à l’eau potable dans le quotidien des Camerounais.

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