Le Cameroun a officiellement enclenché la mise en place de son Guichet unique maritime (GUM). Réuni à Douala les 25 et 26 mai 2026, le comité interministériel chargé de ce chantier devait définir les bases d’un système destiné à centraliser les formalités liées à l’arrivée, au séjour et au départ des navires dans les ports camerounais. La session inaugurale, ouverte par le secrétaire général du ministère des Transports Mveimani Sombo Amba, marque le point de départ officiel d’un projet dont l’urgence n’est plus à démontrer.
En effet, depuis le 1er janvier 2024, les amendements à la Convention FAL sur la facilitation du trafic maritime international rendent obligatoire l’utilisation d’un guichet unique pour l’échange électronique des données lors des escales. Le Cameroun, membre de l’Organisation maritime internationale, accuse donc plus de deux ans de retard sur une obligation qui s’impose à l’ensemble des États membres. Le GUM doit permettre aux acteurs d’une escale ( consignataires, armateurs, autorités portuaires, douanes) de soumettre l’ensemble des formulaires réglementaires en un point unique, mettant fin aux transmissions parallèles et aux redondances administratives qui alourdissent les délais et les coûts d’opération.
Le projet s’appuie sur l’infrastructure existante du Guichet unique des opérations du commerce extérieur. Avec plus de 6 000 utilisateurs, dont 5 000 importateurs, 1 000 exportateurs, une vingtaine de banques et de ministères, le GUCE collecte en moyenne 890 milliards de FCFA de recettes fiscales par an depuis 2020. Sa plateforme numérique, développée depuis 2012, héberge aujourd’hui près de 40 procédures dématérialisées orchestrées par le formulaire unique e-FORCE. Le GUM constituerait une extension de cette architecture vers le segment maritime, jusqu’ici peu couvert par la dématérialisation.
L’enjeu de compétitivité portuaire
Pour le Cameroun, qui ambitionne de renforcer la compétitivité de ses plateformes portuaires, notamment Douala et Kribi, le projet doit permettre de réduire les délais administratifs et d’aligner les ports nationaux sur les standards internationaux. Dans un environnement régional où le port d’Abidjan et celui de Lagos investissent massivement dans la modernisation de leurs procédures, le retard camerounais représente un risque de décrochage commercial. Le calendrier de déploiement effectif du GUM n’a pas été rendu public à l’issue des deux jours de travaux.
