Le gouvernement camerounais engage concrètement la relance du port fluvial de Garoua, capitale de la région du Nord. Un comité technique chargé de l’organisation et de la gestion du site a été récemment constitué, et sa première réunion de travail s’est tenue en avril dernier, avec pour mission de poser les bases opérationnelles de ce redémarrage.
Les travaux du comité ont permis de dresser un état des lieux lucide. Trois axes majeurs ont structuré les échanges : l’évaluation des infrastructures existantes et les travaux de réhabilitation nécessaires à leur remise en service ; la question des variations saisonnières du fleuve Bénoué, dont le régime hydrologique conditionne fortement les capacités d’exploitation du port ; et enfin, l’élaboration d’un cadre juridique destiné à encadrer l’exploitation et la police portuaire, en vue d’une gestion plus rigoureuse de ce nœud logistique.
Un programme de modernisation estimé à 16 milliards de francs CFA
Ces travaux préparatoires s’inscrivent dans la perspective d’un vaste programme de modernisation dont le coût est évalué à 16 milliards de francs CFA, selon le portail Investir au Cameroun. À terme, les autorités entendent faire du port fluvial de Garoua un outil à même de stimuler les échanges commerciaux, de renforcer la connectivité régionale et de soutenir le développement économique de la partie septentrionale du pays, notamment avec le Nigéria, le Tchad et la République centrafricaine.
Un héritage mal géré depuis la décentralisation
Créé en 1935, le port fluvial de Garoua a longtemps constitué un maillon essentiel du commerce transfrontalier dans la sous-région. En 2003, l’infrastructure a été cédée à la Communauté urbaine de Garoua (CUG) dans le cadre de la décentralisation. Mais faute de structure administrative et technique adaptée, le port a fonctionné dans un vide organisationnel propice au développement de pratiques informelles, au détriment de l’entretien des installations et de la mobilisation des recettes portuaires.
Ce diagnostic est confirmé par la Chambre des comptes de la Cour suprême qui, dans son rapport sur la gestion de la CUG pour la période 2020-2024, relevait l’absence de perception de certains droits portuaires, imputable notamment au retard dans l’appropriation des textes réglementaires en vigueur.


