Filière or : Le Burkina-Faso inaugure sa première raffinerie industrielle

Inaugurée à Ouagadougou le 28 septembre, l’installation doit permettre au pays de transformer une partie de son or sur place. Avec une capacité initiale de 164 tonnes par an, extensible à 515 tonnes, les autorités veulent accroître la valeur ajoutée conservée dans le pays.
Le Burkina Faso dispose désormais de sa première raffinerie d’or. Le président Ibrahim Traoré a inauguré, le 28 septembre 2026 à Ouagadougou, la Raffinerie nationale d’or du Burkina Faso, baptisée Raffinor-BF. Installée sur un site de cinq hectares dans le quartier Ouaga 2000, l’unité doit permettre au pays de traiter une partie de sa production aurifère sur son propre territoire.
L’installation affiche une capacité de traitement de 164 tonnes d’or par an dans sa première phase, selon les données communiquées lors de l’inauguration. Une deuxième phase doit porter la capacité globale à 515 tonnes par an. Le complexe peut produire de l’or fin avec une pureté allant jusqu’à 99,99 %, soit 24 carats.
Le projet répond à une volonté de renforcer la transformation locale d’une ressource qui occupe une place centrale dans l’économie burkinabè. Jusqu’ici, une partie de l’or produit dans le pays était exportée pour être raffinée à l’étranger. Avec Raffinor-BF, les autorités veulent désormais réaliser une partie de cette opération sur le territoire national.
Le complexe regroupe notamment une fonderie, un laboratoire d’analyse, une zone de stockage sécurisée et une unité de bijouterie. Le siège de la Société nationale des substances précieuses (SONASP) y est également installé. La raffinerie doit pouvoir être étendue progressivement par l’ajout de lignes d’affinage.
L’investissement est évalué à plus de 11 milliards de FCFA. Le financement a été assuré par l’État, à travers notamment la SONASP, avec la participation de partenaires privés nationaux. Les chiffres communiqués lors de l’inauguration font état d’environ 100 emplois directs et de plus de 5 000 emplois indirects à terme.
Le projet doit également contribuer à mieux organiser la commercialisation de l’or produit au Burkina Faso. Les autorités souhaitent notamment intégrer davantage la production issue de l’exploitation artisanale dans le circuit formel.
Une capacité appelée à tripler
La montée en puissance de Raffinor-BF constitue le principal enjeu des prochaines années. La capacité initiale de 164 tonnes doit être portée à 515 tonnes après l’installation de la seconde unité. Le calendrier précis de cette extension et son niveau d’utilisation effective seront donc déterminants pour mesurer l’impact économique du projet.
La première pierre de la raffinerie avait été posée en novembre 2023. Près de trois ans plus tard, sa mise en service intervient dans un contexte où Ouagadougou cherche à renforcer le contrôle national sur l’exploitation et la commercialisation de ses ressources minières.
Le Burkina Faso fait de l’or un pilier de ses exportations et de sa stratégie minière. La transformation sur place doit ainsi permettre de conserver une part supplémentaire de la valeur créée autour de cette ressource, tout en améliorant la traçabilité et la gouvernance du secteur.
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