Le prix du caoutchouc naturel acheté aux petits producteurs camerounais par Hevecam, filiale du groupe Halcyon Agri, poursuit sa progression depuis le début de l’année 2026. En juin, l’entreprise a relevé son prix d’achat du caoutchouc humide (FDT) à 491 FCFA le kilogramme, contre 398 FCFA en mai, soit une hausse de près de 23 % en l’espace d’un mois.
Cette évolution s’inscrit dans une dynamique favorable observée depuis plusieurs mois. Entre février et mars, le prix d’achat était déjà passé de 352 FCFA à 373 FCFA le kilogramme, représentant une augmentation d’environ 6 %. Après les fluctuations baissières enregistrées en 2025, les prix retrouvent ainsi une trajectoire ascendante.
Cette amélioration profite directement aux petits producteurs qui approvisionnent Hevecam depuis les régions du Sud, du Littoral, du Sud-Ouest et de l’Est du Cameroun, ainsi que depuis certaines zones frontalières du Congo.
Un marché international orienté à la hausse
Sur le marché mondial, les cours du caoutchouc naturel demeurent globalement bien orientés en 2026, malgré des variations ponctuelles. Selon les dernières données disponibles, les contrats à terme évoluaient à la mi-juin autour de 227 à 230 cents de dollar américain par kilogramme, soit une progression d’environ 40 % sur un an.
Cette tendance est principalement soutenue par un déséquilibre persistant entre l’offre et la demande mondiales. La demande continue d’être portée par l’industrie du pneumatique et le développement du marché des véhicules électriques. Dans le même temps, l’offre reste limitée par le vieillissement des plantations, les aléas climatiques affectant les principaux pays producteurs d’Asie du Sud-Est et l’insuffisance des programmes de replantation.
Plusieurs institutions et analystes anticipent ainsi le maintien d’un marché relativement ferme au cours de l’année. Bien que sa production demeure inférieure à celle de grands producteurs africains ou asiatiques, le Cameroun bénéficie indirectement de cette conjoncture favorable à travers les mécanismes de fixation des prix adossés aux références internationales.
Un soutien aux revenus des hévéaculteurs
La hausse des prix d’achat se traduit par une amélioration immédiate des revenus des petits producteurs. L’augmentation de 93 FCFA par kilogramme observée entre mai et juin représente un gain significatif pour des exploitants dont les revenus demeurent souvent modestes et soumis aux fluctuations du marché.
Cette progression contribue à renforcer le pouvoir d’achat des ménages ruraux, à couvrir plus facilement les coûts liés à l’entretien des plantations et à la main-d’œuvre, tout en réduisant la vulnérabilité financière de certaines exploitations.
« C’est un ouf de soulagement », témoigne Céryl N., producteur d’hévéa installé dans la localité de Ngok, dans l’arrondissement de Niété, région du Sud.
Au-delà de l’amélioration des revenus, cette conjoncture favorable pourrait soutenir certains investissements des ménages agricoles, notamment dans l’éducation, l’habitat ou la diversification des activités économiques.
Une embellie à consolider
Les acteurs de la filière soulignent toutefois que la volatilité des cours internationaux demeure un facteur de risque. Ils plaident notamment pour un renforcement de l’organisation des producteurs, une amélioration des rendements et le développement de capacités locales de transformation afin d’accroître la valeur ajoutée captée par le pays.
La hausse actuelle des prix redonne néanmoins des perspectives encourageantes à l’ensemble de la filière camerounaise du caoutchouc naturel. Sa pérennité dépendra toutefois de l’évolution du contexte international, marqué par des incertitudes économiques, géopolitiques et climatiques persistantes.
