Une seule valeur a suffi à faire le printemps de la BVMAC. À la clôture de la dernière séance de cotation du mois de mai 2026, le BVMAC All Share Index a inscrit un gain de 3,38 %, s’établissant à 1 130,81 points. La capitalisation boursière du marché actions franchit dans la foulée le cap des 1 709 milliards de FCFA. Derrière cette performance, un seul moteur : la Société Camerounaise de Palmeraies (Socapalm), dont l’action a atteint son plafond quotidien à +10,00 %, clôturant à 55 000 FCFA.
Sur un volume global modeste de 11,7 millions de FCFA traités sur l’ensemble de la cote, Socapalm a concentré à elle seule plus de 10 millions via l’échange de 182 titres. Cet engouement pour la valeur agro-industrielle s’explique par l’appétit des investisseurs institutionnels locaux pour des actifs tangibles à fort potentiel de distribution, dans une sous-région où les opportunités de réinvestissement sur des titres liquides demeurent rares.
Les autres valeurs actions ont évolué en retrait. Safacam (33 000 FCFA), La Régionale (39 500 FCFA) et BGFI Holding Corporation (82 000 FCFA) ont vu quelques ordres s’exécuter à cours stables. Seule la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG-Ré) a cédé du terrain, reculant de 0,004 % à 21 498 FCFA sur 20 titres échangés.
Des carnets d’ordres sous tension
Derrière l’euphorie de l’indice, les carnets d’ordres révèlent une asymétrie préoccupante. Les positions vendeuses s’accumulent sans trouver de contrepartie. Sur Safacam, 355 titres sont offerts à la vente pour seulement 87 demandes à l’achat. Sur BGFI HC, le déséquilibre est encore plus marqué : 364 actions proposées contre 6 demandes enregistrées. Ce blocage persistant du marché secondaire illustre le principal défi structurel de la place boursière d’Afrique centrale : la conversion rapide des positions en liquidités.
Sur le compartiment obligataire, aucune transaction n’a été enregistrée. L’encours global est resté stable à 1 444,93 milliards de FCFA, les opérateurs maintenant leurs lignes de dette souveraine en portefeuille, confortés par l’exécution régulière des engagements des États émetteurs.
Faute de pouvoir intervenir sur le marché actions sans risquer de provoquer des décalages de cours, les capitaux se déportent vers la gestion collective. Le fonds AB Avenir d’Africa Bright affiche une performance de +26,90 % depuis son origine, avec une valeur liquidative à 1 269,02 FCFA au 22 mai. Le compartiment monétaire est dominé par le fonds ASCA Liquidités, dont la progression atteint +46,25 % depuis sa création.
Le défi de la diversification
Cette séance rappelle une règle fondamentale des marchés frontières. Pour que la hausse actuelle de la BVMAC s’installe dans la durée, les investisseurs devront accepter de diversifier leurs allocations au-delà de la seule ligne Socapalm. Faute de quoi, la concentration des ordres acheteurs sur un titre unique continuera de saturer le carnet d’offres, et de fragiliser la profondeur du marché.


