La place boursière de la CEMAC a débuté la semaine dans une atmosphère de statu quo rigoureux. Le Bulletin Officiel de la Côte n° 2470 affiche un encéphalogramme plat pour l’ensemble des compartiments actions et obligations, laissant l’indice BVMAC All Share figé à 1 086,43 points. En l’espace de deux séances de cotation seulement, cet indicateur de référence a pourtant lâché 60,77 points, passant de 1 147,20 jeudi dernier à son niveau actuel, soit un repli significatif de 5,30 %. Cette érosion technique, enregistrée malgré une séance sans aucune transaction effective ce lundi, témoigne d’un ajustement des cours de référence qui pèse lourdement sur la valorisation globale du marché.

Derrière l’absence de volume transigé se cache une réalité plus nuancée où l’offre et la demande se regardent en chiens de faïence, particulièrement sur les valeurs phares de la cote camerounaise et équato-guinéenne. Ce scénario de blocage technique semble s’installer dans la durée, la séance du jour réitérant le silence déjà enregistré lors de la clôture du jeudi 12 mars. Le carnet d’ordres révèle pourtant que l’intérêt pour le papier financier reste bien réel, bien que les volumes d’intentions s’ajustent. Des intentions d’achat ont été manifestées sur la SEMC, Safacam, Socapalm ou encore Bange, sans toutefois parvenir à se cristalliser.

Le mécanisme de cotation n’a pu aboutir à aucun échange effectif. Sur des titres comme Socapalm, où la demande s’avérait vigoureuse quelques jours plus tôt avec plus de 200 titres recherchés, les positions se sont resserrées à 169 actions demandées face à une offre anémique de seulement 5 unités. Cette déconnexion persistante entre les attentes de valorisation des détenteurs de titres, qui rechignent à céder leurs positions de fond de portefeuille, et la prudence des acquéreurs potentiels paralyse la formation naturelle des prix.

Le compartiment obligataire ne déroge pas à cette tendance avec un encours de dette stable à 1 422,3 milliards FCFA. Les investisseurs institutionnels, principaux détenteurs de ces créances souveraines et privées, maintiennent une stratégie stricte de conservation jusqu’à l’échéance afin de capter le coupon. Les offres de vente massives observées le 12 mars, notamment sur l’emprunt Alios Finance avec 20 000 titres proposés à 100 % du nominal, restent en carnet sans trouver de contrepartie. Cette absence de rotation confirme que la profondeur du marché secondaire demeure le défi majeur pour l’attractivité de la place régionale, les prêteurs privilégiant la certitude du rendement à la volatilité incertaine des cours.

Cette atonie du marché direct contraste singulièrement avec la performance des OPCVM. La gestion collective montre des signes de vitalité et confirme sa position de refuge pour l’épargne en zone CEMAC. Le fonds Harvest Actions CEMAC se distingue notamment par une progression de sa valeur liquidative de plus de 3 % au cours des dernières séances. Parallèlement, le FCP AB Avenir maintient sa trajectoire ascendante avec une performance cumulée depuis l’origine dépassant les 24,14 %. Cette dynamique suggère que les investisseurs privilégient désormais l’arbitrage professionnel des sociétés de gestion pour s’exposer aux actifs régionaux, plutôt que de s’aventurer sur un marché au comptant encore trop étroit.

À la clôture, la capitalisation boursière globale, en retrait de 4,46 % par rapport à jeudi dernier, demeure fixée à 481,6 milliards FCFA. Si la stabilité est de mise pour les six émetteurs de la côte, cette séance souligne l’urgence d’une animation plus dynamique de la place de Douala. La BVMAC, bien que techniquement solide, attend désormais le catalyseur capable de réduire le fossé entre acheteurs et vendeurs pour enfin libérer les volumes et transformer l’intérêt latent en flux financiers réels.

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