Le marché financier régional a fait preuve d’une résilience statique lors de la séance de cotation du 25 mars à la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale. Si l’indice de référence est resté ancré à son niveau précédent, le volume des transactions témoigne d’une animation ciblée. Cette activité est le fruit exclusif du compartiment des actions où sept transactions ont été enregistrées. Ce dynamisme contraste avec le mutisme total du marché obligataire qui n’a vu s’échanger aucun titre, malgré un encours de dettes colossal dépassant les 1 386 milliards FCFA.
La Société Africaine Forestière et Agricole du Cameroun s’est imposée comme le moteur principal de la séance. Avec 629 actions Safacam échangées au cours stable de 33 000 FCFA, l’entreprise a capté l’essentiel des flux. Elle a été secondée par la Société Camerounaise de Palmeraies dont les 145 titres Socapalm, négociés à 55 000 FCFA l’unité, ont complété le tableau financier du jour. Cette domination des valeurs agro-industrielles souligne une fois de plus leur statut de valeurs refuges et de piliers de liquidité pour les investisseurs de la sous-région, tandis que d’autres lignes comme la SCG-Re restent pénalisées par des écarts de prix trop importants entre l’offre et la demande.
Du côté de l’épargne collective, les nouvelles sont encourageantes pour les porteurs de parts. Les Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières affichent des trajectoires ascendantes, à l’instar du FCP Harvest Actions CEMAC A qui bondit de 3,26 % sur une semaine. Cette performance des gestionnaires d’actifs contraste avec la rigidité des cours sur le marché principal. Elle prouve que la valeur ajoutée réside actuellement dans la sélection stratégique de portefeuilles plutôt que dans le trading direct d’actions ordinaires.
Le carnet d’ordres en clôture laisse apparaître une attente latente qui pourrait animer les prochaines séances de la bourse régionale. Des demandes significatives persistent sur les titres SEMC et Socapalm, alors que le secteur bancaire voit une offre de 287 titres de La Régionale rester sans contrepartie. Sur le front des obligations, le marché demeure en quête d’un second souffle car les investisseurs institutionnels semblent privilégier le portage de leurs titres d’État jusqu’à échéance plutôt que la négociation sur le marché secondaire.


