L’ambiance était au repli tactique le lundi 4 mai sur le parquet de la BVMAC. L’indice BVMAC All Share Index a glissé sous la barre des 1 140 points pour s’établir à 1 135,10 points, plombé par une séance où l’offre a largement dominé la demande. La capitalisation boursière globale du compartiment actions a fondu de près de quatre milliards FCFA en une seule journée, s’évaluant désormais à 500,6 milliards de FCFA. Cette érosion n’est pas le fruit d’une panique bancaire mais le résultat d’un arbitrage froid opéré par les détenteurs de titres qui semblent préparer l’arrivée imminente du premier groupe bancaire de la zone CEMAC à la cote permanente.
Le titre Safacam a été le principal sacrifié de cette séance de cotation. La valeur forestière et agricole a essuyé une correction sévère de 9,09%, son cours chutant à 30 000 FCFA pour seulement 90 actions échangées. Ce décrochage, bien que portant sur de faibles volumes, révèle la fragilité d’un marché secondaire où l’absence de contrepartie acheteuse transforme chaque vente en un toboggan pour les cours. Dans le sillage de cette déconvenue, la SEMC n’a pas été épargnée, concédant 2% pour terminer la séance à 49 000 FCFA. Seule la Socapalm est parvenue à maintenir son équilibre à 55 000 FCFA, confirmant son statut de valeur refuge au sein d’un compartiment actions qui n’a généré que 8,7 millions de FCFA de transactions globales.
Cette anémie boursière s’étend de manière encore plus spectaculaire au marché obligataire. Malgré un encours de dettes souveraines et privées dépassant les 1 387 milliards de FCFA, la colonne des transactions est restée vide. Ce blocage structurel, où les titres de créances ne circulent pratiquement jamais après leur émission primaire, prive la place de Douala d’une dynamique de taux réelle. Les carnets d’ordres affichent pourtant des intentions d’achat massives sur certains titres comme l’obligation Alios Finance, mais les vendeurs, arc-bouté sur leurs rendements garantis, refusent de lâcher leurs positions avant l’échéance.
Le contraste est saisissant entre cette léthargie apparente et l’agitation qui règne dans les back-offices des Sociétés de Bourse. L’ombre de l’opération BGFI HC, dont la première cotation est prévue pour le 7 mai, plane sur chaque décision. Pour de nombreux gestionnaires de fonds, la baisse actuelle des cours sur les valeurs « phares » constituerait un signal d’achat à bon compte, à condition que la liquidité revienne sur le marché. Les prochains jours diront si ce repli n’était qu’un simple appel d’air avant une expansion durable de la profondeur du marché financier régional.


