L’encours total des dettes cotées à la BVMAC, a glissé à 1 444,93 milliards de FCFA à la clôture de la séance de cotation du jeudi 28 mai 2026. Soit un replis de 3,15% sur les 1491,93 milliards de FCFA que pesait le compartiment C de la bourse régionale la veille. Cette diminution de capital est dû au remboursement de la 4ème tranche de l’emprunt souverain camerounais ECMR6, arrivée à échéance le mercredi 27 mai. Loin d’indiquer une perte de confiance ou une fuite des capitaux, cette régression traduit le parfait respect par l’État du Cameroun de ses engagements financiers.

La ligne obligataire à coupon de 6,25 % net, contractée sur la période 2022-2029, a vu son principal partiellement amorti la veille, libérant des liquidités sonnantes et trébuchantes pour les porteurs de titres. Dans un paysage financier régional parfois perçu comme rigide, la régularité de ces flux de remboursement démontre que la dette souveraine reste le moteur de performance le plus fiable pour l’investisseur moyen et rassure sur la rentabilité réelle et la sécurité des titres de créance.

Un carnet d’ordres actif mais bloqué

Pendant que l’obligataire valide sa réputation de havre de paix, le compartiment des actions confirme sa nature de forteresse stérile. L’indice BVMAC All Share Index s’est replié sur sa ligne de flottaison à 1 093,89 points, affichant une variation nulle. Zéro transaction, zéro volume échangé. La synthèse quotidienne des carnets d’ordres affiche une passivité trompeuse car l’activité sous-jacente révèle une divergence profonde entre les attentes des acheteurs et les prétentions des vendeurs. Les acheteurs se positionnent activement pour acquérir des valeurs de premier choix, affichant des demandes fermes pour 33 actions de la SEMC, 3 actions de la Banco Nacional de Guinea Ecuatorial et 6 actions de la BGFI Holding Corporation.

En face, l’offre de papier demeure abondante avec 1 832 titres de la Société Camerounaise de Palmeraie, 542 actions de La Régionale Épargne et Crédit ou encore 484 parts de la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance. Le spread de prix, à savoir l’écart entre le cours acheteur proposé et le cours vendeur exigé, demeure trop large pour permettre le moindre croisement d’ordres, maintenant la capitalisation boursière globale à un niveau statique de 1 686,68 milliards de FCFA, pour un flottant coté fixé à 116,59 milliards de francs CFA.

Les OPCVM comme alternative de rendement pour l’épargne

Face à cette absence de contrepartie sur les actions, les capitaux de la classe moyenne se réfugient massivement dans l’industrie des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières, dont la valorisation hebdomadaire capte la performance résiduelle de la sous-région. À titre d’illustration, le FCP AB Avenir, géré par Africa Bright Asset Management, affiche une progression de sa valeur liquidative à 1 269,02 FCFA au 22 mai 2026, matérialisant une performance cumulée de 26,90 % depuis son origine. De son côté, le véhicule Harvest Diversifié, sous la gestion de Harvest Asset Management, affiche une valeur liquidative actualisée à 107 005,74 FCFA, soit une appréciation de 7,01 % sur sa période de référence. Ces progressions chiffrées indiquent que les capitaux locaux s’accumulent dans les structures collectives en attendant que le marché boursier direct retrouve la flexibilité de ses cours.

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