La cloche a sonné dans le vide le jeudi 12 mars 2026 à la BVMAC. Pour cette 2468ème séance de cotation, le Bulletin Officiel de la Côte affiche un bilan boursier d’une rare austérité : zéro transaction enregistrée. L’indice de référence, le BVMAC All Share Index, demeure ancré à 1 147,20 points, reflétant une stabilité qui s’apparente davantage à une léthargie technique qu’à une véritable consolidation des cours. Si les prix de clôture de la veille sont reconduits par défaut, l’examen des coulisses du marché révèle pourtant une activité latente qui ne parvient pas à se cristalliser en échanges fermes.
Le marché actions, fort de ses 504 milliards de francs CFA de capitalisation, reste figé par des exigences de prix irréconciliables entre acheteurs et vendeurs. Les carnets d’ordres des sociétés de bourse ne sont pourtant pas vides. Sur la valeur Socapalm, le leader de l’huile de palme, la demande se montre vigoureuse avec 218 titres recherchés par les investisseurs, face à une offre dérisoire de seulement 5 unités. Le scénario inverse se produit sur La Régionale ou sur la SCG-Ré, où les vendeurs se bousculent avec des lots respectifs de 460 et 713 titres, sans trouver de contrepartie en face. Ce déséquilibre structurel entre les ordres témoigne d’un marché de titres de fond de portefeuille que les détenteurs rechignent à brader, tandis que les acquéreurs potentiels attendent un point d’entrée plus attractif.
Du côté de la dette souveraine et privée, le constat est identique. L’encours global des titres de créances, qui culmine à plus de 1 422 milliards de francs CFA, n’a généré aucun flux financier. Les obligations du Trésor camerounais et gabonais, bien que massivement représentées dans la physionomie du marché, restent statiques. Seule une offre de vente de 20 000 titres sur l’obligation Alios Finance (AFC05) anime visuellement le carnet, sans toutefois rencontrer de preneur à 100% du nominal. Cette absence de liquidité sur le marché secondaire des obligations demeure le défi majeur de la place de Douala, les institutionnels privilégiant encore largement une stratégie de conservation jusqu’à l’échéance.
Dans ce paysage atone, l’intérêt des épargnants se déporte vers la gestion collective. Les OPCVM sauvent la mise en affichant des performances quotidiennes et hebdomadaires orientées à la hausse. Le fonds FCP AB Avenir, géré par Africa Bright Asset Management, se distingue notamment avec une progression de 0,10% sur sa dernière valeur liquidative, portant sa performance depuis l’origine à plus de 24%. Cette dynamique de la gestion d’actifs suggère que si la bourse en direct peine à séduire, l’investissement intermédiaire continue de grignoter du terrain, offrant une alternative de rendement dans un marché en quête de souffle.


