Le Bulletin Officiel de la Cote (BOC) n°2427 révèle un marché à deux vitesses où l’indice All Share demeure figé à 1 074,33 points, reflétant une stabilité absolue des cours. L’activité transactionnelle s’est limitée à deux opérations timides portant sur 15 titres, pour un montant global de 365 000 FCFA. Dans le détail, l’agro-industriel camerounais SAFACAM a vu 5 de ses actions échangées à 30 000 FCFA l’unité, tandis que le réassureur gabonais SCG-Re a enregistré le transfert de 10 titres au prix unitaire de 21 500 FCFA.
Malgré cette apparente léthargie, un intérêt latent se dessine dans le carnet d’ordres. La demande globale s’établit à 628 actions, portée notamment par la SEMC et Socapalm, face à une offre plus abondante de 1 623 titres, principalement concentrée sur La Régionale et SCG-Re. La capitalisation boursière totale se maintient quant à elle à 477,75 milliards FCFA, avec un flottant coté de 69,57 milliards FCFA.
L’inertie persistante du marché obligataire
Le compartiment obligataire, fort de ses 31 lignes, n’a enregistré aucune transaction lors de cette séance. L’encours total reste massif à 1 305 milliards FCFA, une masse sous gestion outrageusement dominée par les signatures souveraines du Cameroun et du Gabon, ainsi que par les émissions de la BDEAC. Une seule offre notable de 20 000 titres ALIOS-05 à 100 % de leur valeur nominale est à signaler, prolongeant ainsi la « quiétude » observée depuis la fin d’année 2025.
La gestion collective comme véritable relais de performance
Le contraste est saisissant du côté des OPCVM, où la résilience est le maître-mot. Sur la cinquantaine de fonds répertoriés, les progressions hebdomadaires oscillent entre +0,02 % pour Contacturer Obligataire et +0,21 % pour Corridor Rendement. Sur le long terme, les performances cumulées illustrent la pertinence de ce véhicule d’investissement : le fonds ASCA Horizon affiche une croissance de +56,33 % depuis 2018, suivi par Atlantique Performance avec +48,45 % depuis 2021 et Harvest Trésorerie à +36,41 %.
Ces fonds monétaires et obligataires, à l’instar de AB Cash ou L’ACM Performance, attirent les investisseurs par leur stabilité et des rendements annuels moyens compris entre 4 % et 6 %. Ce dynamisme de la gestion collective, face à un marché primaire atone, souligne les défis de liquidité de la BVMAC tout en révélant des opportunités réelles. Soutenus par les réformes de transparence de la COSUMAF, les encours des OPCVM ont progressé de 15 % l’an dernier. Dans une zone CEMAC où la croissance est projetée à 3,5 % pour 2026, le recours à ces fonds sécurisés s’impose désormais comme une stratégie judicieuse pour les épargnants.



