L’immobilisme gagne du terrain. Malgré un carnet d’ordres qui ne désemplit pas, la séance du 13 avril 2026 restera comme celle d’un rendez-vous manqué. Sur les six émetteurs du compartiment des actions, seule la Socapalm a réussi à faire bouger les lignes. Mais l’échange de 24 titres pour un montant de 1,32 million FCFA fait figure d’anecdote face à la masse d’ordres restés en souffrance. Le constat est particulièrement frappant pour Safacam et SCG-Ré où les intentions d’achat et de vente s’entrechoquent sans jamais se rencontrer, la faute à des exigences de prix trop éloignées pour déclencher le « matching » électronique.
Cette incapacité à conclure des transactions illustre le mal persistant de la bourse régionale : un manque criant de contreparties prêtes à transiger au cours du jour. Pour Socapalm, le déséquilibre est flagrant avec 724 actions proposées à la vente contre seulement 144 demandées. Cette pression vendeuse non satisfaite pèse comme une épée de Damoclès sur le cours du leader camerounais de l’huile de palme, dont la valeur stagne à 55 000 FCFA par une forme de résistance technique plus que par une réelle adhésion du marché.
Le compartiment obligataire, censé être le poumon financier de la zone CEMAC, s’enfonce de son côté dans une léthargie totale. L’encours des dettes, qui culmine à plus de 1 387 milliards de francs CFA, n’a pas généré le moindre échange ce lundi. Seule une timide velléité d’achat sur l’obligation souveraine gabonaise EOG 6,60% 2024-2027 est venue animer les registres, sans trouver de vendeur disposé à se délester de son papier à 100% du nominal. Ce phénomène de rétention des titres par les investisseurs institutionnels continue de paralyser le marché secondaire, transformant les obligations en actifs de pure thésaurisation.
Pourtant, loin de l’atonie de la cote officielle, la gestion collective semble tirer son épingle du jeu. Les derniers relevés des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) révèlent une dynamique autrement plus vigoureuse. Le fonds ASCA Patrimoine affiche une progression de 57,89 % depuis son origine, tandis que les produits monétaires d’Africa Bright Asset Management captent l’essentiel des liquidités disponibles. C’est le paradoxe actuel de la zone CEMAC : l’argent circule abondamment dans les fonds de placement, mais refuse de s’exposer directement sur les lignes de la cote officielle, laissant la BVMAC dans une attente fébrile de sa prochaine grande introduction.


