Zéro transaction, mais des courtiers sur le pont. La physionomie de la séance de cotation de ce milieu de semaine à Douala met en lumière le mal structurel de la place financière de la CEMAC : une liquidité en trompe-l’œil où les carnets d’ordres révèlent une animation frustrée et où, l’inadéquation entre les prix demandés par les acheteurs et ceux exigés par les vendeurs bloque toute conclusion d’ordres, notamment sur les valeurs bancaires et agro-industrielles. Au compartiment des actions, les sept émetteurs inscrits n’ont vu aucun titre changer de mains. Les velléités de trading étaient pourtant réelles. Sur le titre BGFI Holding Corporation, le pivot financier de la cote, la pression acheteuse s’est manifestée par une demande importante de 2 278 actions, face à une offre restreinte de seulement 100 titres. Le cours est resté inchangé à 82 000 FCFA, faute d’un accord sur le prix d’exécution.

 Un scénario identique a paralysé la valeur forestière et agricole SAFACAM dont 382 actions étaient demandées face à 181 offertes à la vente. Aucune transaction ne s’est malheureusement concrétisée, les acheteurs s’efforçant de négocier en deçà du cours de clôture de 35 000 FCFA. Sur SOCAPALM, l’offre s’est avérée massive avec 1 785 titres présentés à la vente, contre une seule unité demandée à l’achat. Ce grand écart (spread) technique maintient la capitalisation boursière globale à flot, à un niveau inchangé de 1 702,8 milliards de FCFA. L’indice All Share est lui aussi resté figé à 1 120,71 points.

 Le compartiment obligataire, fort de ses 33 lignes de dettes souveraines et privées, reproduit cette même léthargie opérationnelle. L’encours global de la dette reste stable à 1 397,9 milliards de FCFA. Seule l’accumulation mécanique des coupons courus rappelle que le temps financier ne s’arrête pas. L’obligation étatique camerounaise « ECMR 6.25% NET 2022-2029 » affiche ainsi un coupon couru calculé à 19,52 FCFA pour l’échéance théorique du 15 juin, adossé à un volume demandé en carnet de 1 000 titres qui n’a trouvé aucune contrepartie vendeuse.

 À l’inverse de cette paralysie des lignes directes, la gestion collective (OPCVM) montre des signes de rééquilibrage. Les valorisations des Fonds Communs de Placement, publiées, affichent des trajectoires contrastées qui reflètent les arbitrages des gestionnaires de portefeuille. Le FCP CCA Performance (géré par Elite Capital) accuse un repli de -2,31%, tandis que le FCP Sogefirst (de Société Générale) grappille +0,15%, confirmant que le compartiment des fonds reste, pour l’heure, le seul véritable vecteur de circulation des capitaux dans la zone.

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