Boissons du Cameroun mise sur l’outil industriel pour soutenir sa croissance

Au cours des trois dernières années, le brasseur a consacré plus de 10 % de son chiffre d’affaires à sa transformation industrielle, logistique et commerciale, dans un marché estimé en croissance d’environ 5 % par an.
Boissons du Cameroun poursuit son effort d’investissement dans l’outil industriel. Selon les données communiquées par le groupe, plus de 10 % de son chiffre d’affaires ont été consacrés, au cours des trois dernières années, à la transformation industrielle, logistique et commerciale. Cette politique intervient alors que la filiale camerounaise de Castel a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 483,2 milliards de FCFA, pour un bénéfice net de 50,6 milliards de FCFA, selon les comptes de Brasseries et Glacières Internationales (BGI), sa maison mère, audités par PwC.
Cette stratégie s’inscrit dans un programme d’investissement de 200 milliards de FCFA sur la période 2023-2027, lancé notamment après l’annonce de l’acquisition de Guinness Cameroun. L’objectif est d’augmenter les capacités de production et d’améliorer la disponibilité des boissons sur le marché.
À Yaoundé, plus de 21 milliards de FCFA ont été investis dans une nouvelle chaîne de production de 35 000 bouteilles par heure, mise en service en 2024. L’équipement a porté la capacité de l’usine de 2,8 à 3,6 millions d’hectolitres et devait permettre de réduire de 94 % le déficit de capacité alors constaté sur le site.
À Douala, une nouvelle ligne de 35 000 bouteilles par heure a été mise en service en 2025 à l’usine de Ndokoti, pour un investissement de 8 milliards de FCFA. Une seconde ligne, d’une capacité de 400 000 hectolitres par an, devait compléter le dispositif, portant à environ un million d’hectolitres l’apport des deux nouvelles lignes du site.
À Bafoussam, la nouvelle ligne de conditionnement représente un investissement de 13 milliards de FCFA. Entrée en production en décembre 2024, elle affiche une cadence de 35 000 bouteilles par heure et une capacité supplémentaire d’environ 850 000 hectolitres par an. L’installation a également permis la création de plus de 100 emplois.
Ces investissements doivent accompagner un marché que la SABC estimait, en 2025, en croissance d’environ 5 % par an. L’entreprise projetait alors de porter sa capacité nationale à 9,5 millions d’hectolitres à l’horizon 2027, pour une demande estimée à 7,7 millions d’hectolitres. Les nouvelles orientations présentées en 2026 font désormais état d’une cible de 10,7 millions d’hectolitres, signe d’un renforcement des ambitions industrielles du groupe.
L’effort porte également sur les approvisionnements locaux. Après l’acquisition de Guinness Cameroun dont l’opération a été finalisée le 5 octobre 2026, Boissons du Cameroun a repris et développé les partenariats avec les producteurs de sorgho du Septentrion. L’entreprise indiquait vouloir porter ses achats de 8 000 tonnes en 2024 à 12 000 tonnes en 2025, soit une hausse de 50 %.
Au-delà de l’augmentation des capacités, cette politique d’investissement vise ainsi à renforcer l’intégration industrielle de la filiale camerounaise de Castel. La montée en puissance de l’outil de production, le développement des approvisionnements locaux et l’élargissement du maillage industriel constituent désormais les principaux leviers de sa stratégie de croissance.
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