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Finances publiques : Libreville lance un audit de sa dette pour crédibiliser ses négociations avec le FMI

Francois Gael Mbala22 juin 2026Mis à jour le 22 juin 2026Temps de lecture 2 min
Finances publiques : Libreville lance un audit de sa dette pour crédibiliser ses négociations avec le FMI
L'ECONOMIE

Combien doit réellement l’État gabonais ? La question, aussi simple qu’elle paraisse, n’a jusqu’ici pas trouvé de réponse incontestable. C’est précisément pour y remédier que le ministre de l’Économie, Thierry Minko, a lancé, le 17 juin 2026, un audit de grande envergure portant sur l’ensemble des passifs exigibles de l’État, une opération que les autorités présentent comme un préalable indispensable à l’assainissement des finances publiques.

Le Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État, dispositif temporaire à caractère légal, a pour mission de recenser, vérifier, qualifier et consolider l’ensemble des engagements financiers de l’État afin de disposer d’une photographie précise de la dette exigible. Ses travaux distingueront les créances déjà validées de celles qui requièrent des contrôles complémentaires.

La démarche s’inscrit dans un contexte financier sous tension. L’encours de la dette gabonaise était estimé à 8 560 milliards de FCFA à fin octobre 2025. Selon les données de la Banque mondiale, le pays faisait face à une dette publique atteignant 74,7 % du PIB en 2024. Dans le même temps, les autorités font état de « violations de contrats et de règles budgétaires » imputées à la gestion antérieure, ainsi que du « non-respect de certaines obligations dans la réalisation de projets » et du « défaut de transfert de certains fonds vers les comptes du Trésor public ».

Un enjeu stratégique pour les discussions avec le FMI

Les conclusions de l’audit, attendues à la mi-juillet 2026, serviront notamment de support aux échanges techniques et aux négociations engagées avec le Fonds monétaire international. Pour Libreville, disposer de données incontestables constitue un préalable à toute discussion crédible avec ses bailleurs. Sur les marchés internationaux, le spread des titres gabonais s’établissait déjà autour de 790 points de base, contre environ 1 060 points avant l’annonce de l’ouverture des discussions avec le FMI, signe d’un regain de confiance fragile mais réel.

Pour le gouvernement, cette démarche s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la gouvernance financière, d’amélioration de la qualité des comptes publics et de consolidation de la confiance des partenaires techniques et financiers du Gabon. L’issue de l’audit conditionnera également l’accès du pays aux financements concessionnels indispensables à son programme d’investissement.

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Tags :CEMACFinances PubliquesFMIGabonThierry Minko
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